Dans le monde sans en être

Le mal-être de l’engagement citoyen

VoteMontée du vote blanc, de l’abstention, des extrêmes… Telle est la tendance majeure des dernières élections. Un phénomène loin d’être nouveau, que l’on connaît depuis des décennies, contre lequel nos politiques tentent de lutter, à coups de spots publicitaires ou de grands discours.

Une république qui se donne des grands R.

Des politiciens qui s’affirment comme ultimes et uniques remparts contre la catastrophe.

Des citoyens qui ne s’y retrouvent plus.

Des citoyens qui ne se reconnaissent pas dans ce “monstre” qu’est devenue la politique. Monstre qui chaque jour déverse son flot de scandales, de procès, d’insultes, d’affaires, de secrets, de magouilles… Monstre qui chaque jour ressemble moins à un outil au service de la société. Monstre qui chaque jour ressemble plus à une machine à écraser ceux qui y mettent le doigt.

Et le résultat est là : des centaines de communes sans aucun candidat à la mairie. Certaines contraintes de rappeler sur une liste unique des élus sortants qui souhaitaient se retirer mais forcés de reprendre du service, faute de volontaires pour les relayer. Faute de citoyens prêts à assumer leur rôle, c’est le système démocratique qui est en jeu. Et la raison en est simple. Aujourd’hui, la politique fait peur.

On a peur de ne plus être soi-même, de perdre ses valeurs, de se faire écraser, de commettre une erreur… En un mot : peur de s’engager.

On a aussi la flemme. Pourquoi donner de sa personne quand d’autres se proposent de le faire à notre place ? Jusqu’au jour où plus personne ne se propose…

On peut voir là l’impact d’une idée qui a guidé “l’éducation citoyenne” : être citoyen, c’est aussi simple que de glisser son bulletin dans l’urne. Pour le politique comme pour le citoyen, c’est tellement plus simple : un bulletin de temps à autre, et basta.

Oui, mais non…

Etre citoyen, c’est bien plus que ça. Etre citoyen, c’est être éveillé à la signification de ce bulletin. Etre citoyen, c’est avoir pleinement conscience que sur ce bout de papier son propre nom peut être écrit. Etre citoyen, c’est garder à l’esprit que ce droit ne doit pas rester lettre morte. Etre citoyen, c’est savoir se lever face à un projet que l’on juge mauvais et oser soumettre son propre projet aux voix de ses concitoyens.

De plus, la citoyenneté ne s’arrête pas à la porte du bureau de vote : l’élection n’est pas un chèque en blanc pour l’application d’un programme. Comme le rappelle notre Constitution, il n’existe pas en France de mandat impératif : sur nos bulletins de vote, pas un programme, mais un nom. Ce sont des hommes et des femmes que nous élisons ; ce sont des citoyens que nous élisons. Des citoyens que l’élection n’a pas rendu plus clairvoyants ou plus sages.

 

Citoyens, votez ! Votez en conscience. Votez en connaissance de cause. Votez pour le citoyen qui aura su vous convaincre de la justesse de ses propositions.

Citoyens, candidatez ! Soyez la proposition qui manque à la société. Soyez le catalyseur des alternatives et des propositions.

Citoyens, veillez ! N’abandonnez pas vos élus, même s’ils ne sont pas votre choix. Soyez pour eux la veilleuse qui n’éblouit pas mais qui ne s’éteint pas.

 

Français, soyez des citoyens, des citoyens debout, qui osent s’engager dans la cité, s’engager pour la cité, s’engager pour le bien commun !

FPitois

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