Dans le monde sans en être

[Edito] François, un an après

Pope Francis General Audience - RomeJeudi 13 mars, le pontificat de François entrera dans sa deuxième année. Un an déjà s’est écoulé après son élection inattendue. Une belle année, pleine d’enseignements, d’exhortations à aller vers les plus faibles.

François est un pape populaire, encensé par les médias qui en font un progressiste, parfois abusivement opposé à son prédécesseur. La “FrancescoMania” est toujours là. Représenté par certains comme un super-héros, toute une légende dorée s’est tissée autour de lui. Cela va de spectaculaires réformes ecclésiales à des visites secrètes de charité. La nuit, troquant son costume pontifical pour une tenue de romain ordinaire, François viendrait au secours des plus faibles…

Dans sa dernière interview, au Corriere della Serra, il dit : “J’aime être avec les gens, avec ceux qui souffrent, aller dans les paroisses. Je n’aime pas les interprétations idéologiques, une certaine mythologie du pape Francois. Quand on dit, par exemple, que je sors la nuit pour aller nourrir les sans-abri dans la Via Ottaviano. Cela ne m’est jamais venu à l’esprit. Sigmund Freud a dit, si je ne me trompe pas, que dans toutes les idéalisations il y a une agression. Représenter le pape comme une sorte de super-héros, ou une star, m’offense. Le pape est un homme qui rit, qui pleure, dort bien et a des amis comme tout le monde. Une personne normale.”

La Francescomania “offense” le pape. Son message est clair. Il tient à être perçu comme une personne simple, un “pape normal” qui ferait son boulot de pape. Point ! Un pape normal qui s’inscrit dans la suite de ses prédécesseurs, sans rupture ni révolution. Certes, il conduit la réforme de la Curie romaine et il n’a pas peur de changer certaines choses. Il a pris beaucoup de décisions très personnelles comme son installation à la maison Sainte Marthe. Mais sa réforme n’est pas une révolution, dans le sens où elle s’inscrit dans une continuité et non dans une rupture.

Dépasser la Francescomania passe par la découverte de son travail au court de cette année. L’exhortation apostolique Evangelii gaudium, l’encyclique à quatre mains Lumen fidei, mais aussi ses multiples messages, sermons, et interviews. Nous voyons là un pape qui nous invite à évangéliser, à annoncer l’Évangile avec foi et surtout avec douceur. Un pape qui nous appelle à sortir de l’indifférence comme il l’a martelé plusieurs fois de suite au sujet des drames de Lampedusa. Bref, à travers son travail nous découvrons un successeur de Pierre qui nous montre le Christ et qui nous demande de faire de même.

Charles Vaugirard

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