Dans le monde sans en être

Entre renonciation au Monde et règne du Christ-Roi

Le-Christ-RoiLa montée des actes blasphématoires et christianophobes, et surtout le manque de réaction du gouvernement nous poussent à bout. Aujourd’hui, on peut déverser du sang dans une église en insultant ce que les croyants ont de plus cher, ce qui donne un sens à leur vie, ou même se prendre en photo avec un prêtre en pleine messe, sans que personne ne s’en émeuve. Devant ces actes, la réaction manque de fermeté pour beaucoup, et d’ailleurs elle est quasi-inexistante, pendant que d’autres invoquent la renonciation des catholiques aux affaires du monde, le maintien d’un certain flegme devant des actes pourtant plus qu’odieux. Bernanos, par exemple, faisait dire à son curé de campagne que tout ce que l’on pourra faire à l’encontre du Christ à déjà été fait, et d’ailleurs le même Christ en a été (et en est toujours) vainqueur. Rien de ce que peut ourdir le monde contre le Christ ne saurait remettre en cause sa victoire consacrée par sa mort sur la Croix.

Mais alors, est-ce qu’il faut laisser tomber toute idée de règne du Christ sur terre, en considérant que c’est de toute façon un fait acquis, qu’il ne faut pas chercher à imposer ? Rester de glace devant une femme dénudée fêtant l’avortement de Notre Seigneur, un foie de veau à la main? Rappelons-nous que dans le Notre-Père, prière de référence puisqu’elle nous a été enseignée par Jésus lui-même, nous demandons à Dieu de maintenir son règne et son nom sanctifié sur Terre, d’y maintenir sa volonté également. Sa volonté, qu’elle est-elle ? Notre salut, et celui d’un maximum de personnes. Tout simplement. Et cette volonté, nous devons y travailler, à l’aide de la charité. Cet amour, il marque la limite entre renonciation au monde qui aurait quelque chose d’égoïste et recherche du règne du Christ sur le monde, qui aurait plutôt des allures de règne de soi-même. Ne jamais condamner des personnes par esprit de vengeance agrémentée d’un franc dégoût pour tout ce dont sont capables les blasphémateurs qui sévissent sur la Toile et ailleurs, mais ne surtout pas tomber dans l’indifférence non-plus. Il n’y a rien de pire pour un catholique que de tomber dans l’indifférence face au péché de l’autre, parce qu’elle va à l’encontre de son devoir le plus primordial: la charité. Qui prétend se dire chrétien, alors qu’il laisse son ami verser dans le mal, qu’il entend rester de marbre devant le blasphème ?

Il ne s’agit pas de chercher à réparer l’offense, il ne nous appartient pas de condamner ou de pardonner, mais il s’agit bien de travailler à provoquer le salut de notre prochain. Comme le bon samaritain soignant les blessures de l’homme qu’il trouve sur son chemin, blessures qui ne sont pas seulement physiques. Et cela passe souvent par la fermeté, au prix de conflits, quitte à froisser. Mais le conflit est passager, et le Salut est éternel. Il ne s’agit pas non-plus de se sentir investi d’une mission de police de Dieu, mais de travailler en toute bienveillance au bien des âmes. Quand c’est oui dites oui, quand c’est non dites non. Le reste vient du Malin 1Matthieu 5.33-37. Saint Bernadette Soubirou disait à ses détracteurs, les mêmes qui nous accusent aujourd’hui de vouloir imposer nos vues à la société : « Je ne suis pas là pour vous convaincre, je suis là pour vous le dire. »

Heront

Notes :   [ + ]

1. Matthieu 5.33-37

2 réponses à “Entre renonciation au Monde et règne du Christ-Roi”

  1. Étienne

    Très juste ! On retrouve le même problème avec « ne jugez pas » qui pousse le chrétien au relativisme.

    On peut distinguer dans le mot juger le fait de condamner et le faite de discerner. Or en tant que chrétien il nous faut toujours discerner, mais laisser à Dieu le jugement, la sentence, la condamnation.

    Ces histoires d’avortement, de théorie du genre nous renvois à nous même : que faisons-nous pour les mères en détresse ? Que faisons-nous pour l’éducation ? etc.

  2. Entre renonciation au Monde et règne du ...

    […] La montée des actes blasphématoires et christianophobes, et surtout le manque de réaction du gouvernement nous poussent à bout. Aujourd’hui, on peut déverser du sang dans une église en insultant ce que les croyants ont de plus cher, ce qui donne un sens à leur vie, ou même se prendre en photo avec un prêtre …  […]

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