Dans le monde sans en être

Manifeste pour une génération eschatologique

Eschaton

[Eschatologique : (du grec eschaton = la fin)  ce terme désigne ce qui concerne la fin des temps, c’est-à-dire le Royaume. Par génération eschatologique j’entends donc génération vivant orientée vers notre demeure céleste, notre destination finale]

Alors que la tentation [contre] révolutionnaire échauffe beaucoup 1enfin soyons réalistes, cette excitation n’est le fait que d’une minorité de cyber-révolutionnaires d’esprits 2je pense surtout à ceux qui pensent pouvoir choisir eux-même la date du Jour de Colère dont parle la bible, il est urgent de revenir à l’Évangile, de prendre de la hauteur.

“Pour nous notre cité se trouve dans les cieux” Ph 3, 20

La proclamation du “Royaume de Dieu” est le coeur de la Bonne Nouvelle annoncée par Jésus. Le contexte de persécution du christianisme naissant a permis de poser de façon évidente que le Royaume dont il s’agit est eschatologique. Persécutés par l’Empire, il était évident pour les chrétiens des trois premiers siècles que l’Empire n’était pas le Royaume. La séparation Royaume / culture était claire. La cité des chrétiens c’est le ciel, ils sont dans le monde, mais pas du monde.

On trouve ainsi chez les Pères apostoliques un éloge vif du martyr comme sommet de la vie chrétienne. Cette fidélité jusqu’au bout manifestant que la vraie demeure des chrétiens est en Dieu et non ici-bas.

Alors, lorsqu’au IVe siècle l’Empereur se convertit et que les persécutions cessèrent se posa une question nouvelle : comment articuler Royaume de Dieu et culture ? Le pouvoir terrestre ne pouvant plus être simplement méprisé, comment se situer par rapport à lui ? Royaume de Dieu et Empire devaient-ils fusionner ?

Ces questions sont la trame de fond de la vie de saint Antoine 3dans le récit qu’en donne saint Athanase d’Alexandrie. Désireux de la perfection chrétienne jusqu’alors incarnée par les martyrs, Antoine cherche comment réaliser sa vocation à la sainteté dans une époque où les persécutions ont cessé. Le Père des moines partit au désert pour y vivre d’une façon nouvelle la fidélité des martyrs. La vie ascétique des Pères du désert est donc l’équivalant, en tant de paix, du martyr en temps de persécution. Par leur renoncement au monde, ils manifestent, comme le faisaient les martyrs, la primauté du Royaume des Cieux sur la cité terrestre.

Le monachisme érémitique 4en terme technique : l’anachorétisme qui se caractérise par la fuite du monde, naît étonnement au moment même où il devient possible de vivre sa foi dans le monde, c’est-à-dire quand cesse les persécutions. Comme si finalement pour la sainteté le temps de paix était plus dangereux que le temps de guerre.

Paul Evdokimov 5Franco-russe, théologie orthodoxe. Cf. Paul Evdokimov, Les âges de la vie spirituelle, DDB. voit dans l’histoire de l’Église des âges spirituels. Selon lui la rupture radicale – et souvent extravagante – d’avec la culture qu’ont vécue les premiers moines – les stylites vivants en haut de colonnes, les cappadociens dormant dans des tombeaux, certains ermites faisant voeux de ne plus se coucher, de ne plus manger de viande, … – était la séparation inaugurale et nécessaire pour que d’autres puissent vivre leur foi dans le monde, dans une culture. Les Pères du désert ont accompli une purification inaugurale de l’Église, la séparant du monde pour l’orienter vers le Ciel.

L’ascèse a préparé le retour de l’homme nouveau dans l’Histoire (Paul Evdokimov)

Les Pères du désert nous rappellent que l’Évangile dépasse toute culture et transcende notre horizon.

Pour vivre notre foi dans le monde, nous avons besoin de la folie des moines ayant radicalement renoncé au monde pour leur foi. Pour transfigurer la culture il faut d’abord y renoncer, sinon on stagne en elle et on ne va pas jusqu’au Royaume. 6J’insiste dans cet article sur la nécessité de dépasser la culture pour aller jusqu’à Dieu. Pour être juste il faudrait aussi insister sur la nécessité de s’arrêter (avant de dépasser) et de retourner (après avoir dépassé) dans la culture afin d’être vraiment homme, afin qu’elle soit véritablement transfigurée. L’Incarnation sauve en effet en assumant et non seulement en dépassant. Reste cependant que notre humanité “glaiseuse” a besoin de l’électrochoc de la conversion, de l’arrachement.

Si le christianisme a pu rester lui-même tout en cohabitant avec toutes sortes de pouvoirs temporels, c’est grâce au geste initial des moines. Devenant les modèles de sainteté, ils ont rappelé que jamais le Royaume ne pourra se confondre avec la société civile, même lorsque l’Empire est chrétien.

Evdokimov après avoir parlé de l’âge spirituel du monachisme primitif distingue pour les temps modernes un nouvel âge spirituel : celui du monachisme intériorisé. Selon lui, les chrétiens, quel que soit leur état de vie, sont appelés aujourd’hui à vivre en “moines” dans le monde. À vivre séparés, à vivre orientés vers le Royaume. (Le Concile Vatican II parle lui de “vocation universelle à la sainteté”, il s’agit, selon moi, de la même intuition.)

Après la catharsis 7purification du désert, les spirituels enseignent une nouvelle et définitive intériorisation (Paul Evdokimov)

Tout comme le IVe siècle a eu besoin d’un geste inaugural de séparation purificatrice entre le Royaume et la culture, peut-être faut-il aujourd’hui, de manière intériorisée mais toute aussi radicale, un nouveau départ au désert : une génération eschatologique, intérieurement ancrée dans les cieux, une génération vivant ce monachisme intériorisé.

Une génération dont la foi ne s’écroulera pas même si la civilisation européenne coulait. Le monde peut s’écrouler, ma demeure, elle, est éternelle.

Le Tabernacle, voilà notre chez-nous (Père Joseph Marie Gerber)

Cette séparation intérieure vis-à-vis du monde n’est pas l’abandon de notre responsabilité temporelle, c’est au contraire la condition même d’une transformation réelle du monde. En vivant pour le Ciel les chrétiens “désabsolutisent” le pouvoir, rompent avec l’auto-idolâtrie de la politique. S’engager dans la politique sans vivre cette séparation intérieure d’avec le monde, que j’appelle avec Evdokimov le monachisme intériorisé, c’est s’auto-idolâtrer. Croire pouvoir faire advenir par nous-même la société parfaite c’est croire pouvoir construire le Royaume de Dieu (alors qu’il se reçoit), c’est se mettre à la place de Dieu.

Les « révolutionnaires de l’Évangile » ne sont pas des utopistes ; ils ne s’enferment pas « dans la contradiction insoutenable d’un absolu réalisé ici-bas … Ne s’idolâtrant plus eux-mêmes, ils n’idolâtrent plus le siècle, le temps et l’histoire. Ils savent sans doute que le temporel est lourd d’éternel… Mais ils savent aussi que les deux côtés ne se confondent pas et que la première création doit passer par le feu de la mort avant de ressusciter en la seconde, car il n’est rien de l’homme qui échappe à la destruction. Comme l’homme, la cité humaine doit mourir pour vivre …  (Cardinal Henri de Lubac)

 Il y a dans l’enseignement laissé par Benoît XVI un paradoxe étonnant : il n’a cessé de nous parler de son espoir de voir advenir une civilisation de l’amour et pourtant il a, à plusieurs reprises, affirmé ne pas croire en un renouveau massif du christianisme mais plutôt en un renouveau par de petites communautés adoratrices. Il indique ainsi que c’est en s’orientant radicalement vers le Christ que  l’on transformera réellement la société.

Oui, j’espère la “civilisation de l’amour” (expression de Paul VI, reprise par JPII et BXVI), j’espère la Paix sur la terre (et pas seulement au ciel). Mais je crois que la condition de la transformation du monde est le renoncement intérieur au monde, la vie eschatologique. Dans le monde, sans en être.

 Je crois en l’urgence d’un christianisme eschatologique, je crois que c’est l’antidote urgent. Accepter de partir au désert. Accepter que la conversion de la société repose principalement sur notre propre conversion (et non sur une [contre] révolution) . Je crois que ce re-centrage sur le Royaume doit se traduire aussi par des choix de vie concrets : vie de prière, charité concrète envers les plus pauvres, vie sacramentelle, désir de sainteté, simplicité, refus de la surconsommation, écologie intégrale (cf. les initiatives de la Fraternité des Chrétiens Indignés ou du mouvement pour une écologie humaine).

 Il me semble que tout cela est particulièrement urgent pour la France où depuis la Révolution Française, l’Église est associée aux classes supérieures de la société. La conséquence dramatique de cela est une certaine getthoïsation de l’Église dans un milieu social.  Le problème n’est pas que des “aristos” soient catho – au contraire je m’en réjouis pour eux – le problème est le risque d’identifier l’Église à une culture déterminée.

Car alors, les autres peuvent s’en sentir exclus : accompagnant des jeunes de Garges-lès-Gonesses (banlieue nord de Paris) à une retraite sur Paris, ils me demandaient “Ça va encore être un truc qu’avec des blancs ?” …

Car alors, les membres de cette culture risquent de confondre le Royaume avec une appartenance sociale (utilisant le christianisme pour protéger une identité qui part en miettes)…

Le monachisme intériorisé est l’antidote à cela. Si les aristo catho sont des catho eschatologiques, l’aristocratie comme culture peut s’écrouler, la foi tiendra.

Benoît

Notes :   [ + ]

1. enfin soyons réalistes, cette excitation n’est le fait que d’une minorité de cyber-révolutionnaires
2. je pense surtout à ceux qui pensent pouvoir choisir eux-même la date du Jour de Colère dont parle la bible
3. dans le récit qu’en donne saint Athanase d’Alexandrie
4. en terme technique : l’anachorétisme
5. Franco-russe, théologie orthodoxe. Cf. Paul Evdokimov, Les âges de la vie spirituelle, DDB.
6. J’insiste dans cet article sur la nécessité de dépasser la culture pour aller jusqu’à Dieu. Pour être juste il faudrait aussi insister sur la nécessité de s’arrêter (avant de dépasser) et de retourner (après avoir dépassé) dans la culture afin d’être vraiment homme, afin qu’elle soit véritablement transfigurée. L’Incarnation sauve en effet en assumant et non seulement en dépassant. Reste cependant que notre humanité “glaiseuse” a besoin de l’électrochoc de la conversion, de l’arrachement.
7. purification

5 réponses à “Manifeste pour une génération eschatologique”

  1. Phylloscopus inornatus

    Merci pour ce texte magnifique. Oui, nous devons vivre un tel chemin, et sans attendre. C’est aussi un projet, un fil directeur vivifiant, dans un monde désenchanté et vide de projets, de buts, où rien d’autre ne nous est proposé que de “continuer” (croissance, mais vers quoi, innover, mais dans quel but, produire-consommer-produire en un cycle aussi infini et fermé que l’alternance des jours et des nuits…)
    Et nous ne ferons rien, sinon un activisme brouillon, aride, épuisant, culpabilisant et pour finir très peu christique, si la conversion ne vient pas en Premier. Alors, le chrétien qui vit cette conversion peut se dire: “En Lui j’espère, je ne crains rien.”

  2. Guillaume de Prémare

    Merci pour cette contribution. Enfin une pensée religieuse qui parle du ciel ! Votre papier est de grande qualité et ouvre beaucoup de champs de réflexion.
    Par exemple :
    – Parler d’eschatologie, c’est parler d’apocalypse, des derniers temps, du combat final entre le bien et le mal dans lequel nous nous situons (sujet peu traité aujourd’hui).
    – Parler du ciel, c’est parler du Salut et du fait que l’homme ait besoin de Dieu pour être sauvé (idée par évidente dans la tête de nos contemporains, même catholiques).
    – Parler du Salut, c’est parler de son histoire, c’est parler de ce Dieu dont le plan s’inscrit dans la matière de l’histoire.
    – Parler d’histoire, c’est parler de notre rapport à l’histoire, ce que vous faites très bien, et de notre place dans les combats de l’histoire (qui doivent être menés si l’on n’est pas indifférent à notre sort et à celui de nos contemporains). Il y a donc une réflexion profonde à mener entre la tentation d’idolâtrie de l’histoire, du millénarisme, et celle d’un faux détachement chrétien, faussement spirituel, qui conduit à abdiquer ses propres responsabilités dans l’histoire concrète des hommes. Vatican II le dit : “Il appartient en particulier aux laïcs d’éclairer les réalités temporelles”. J’ajouterais : et de mener les combats temporels.
    – Parler du ciel, c’est parler de spiritualité, en effet. Je comprends bien l’idée de “séparation intérieure” et la leçon des phases du monachisme, c’est une base de réflexion très riche. Mais attention : on ne peut vivre une spiritualité de moines sans vivre les conditions de vie des moines. Les moines ont une spiritualité propre, qui porte certes témoignage pour notre spiritualité mais qui n’est pas fondamentalement transposable à notre vie intérieure de laïcs (la matière de notre sanctification sont nos réalités temporelles les plus ordinaires). Enfin, c’est à réfléchir 🙂
    – Une réserve : la question sociologique abordée à la fin est intéressante mais, à mon avis, elle affaiblit le propos, amoindrit sa verticalité et son épaisseur. Peut-être mérite-t-elle d’être traitée en tant que telle, à part.
    Pour conclure, l’idée de “génération” est intéressante. Pour moi elle traduit le besoin actuel d’un renouvellement de la pensée religieuse, qui inclut une certaine critique de la pensée religieuse contemporaine, et portée par un renouvellement de génération chez les intellectuels catholiques. Nous en reparlerons.

  3. Benoit

    Merci pour vos commentaires passionnants.

    Concernant l’expression de “monachisme intériorisé”, elle est dans la bouche de Paul Evdokimov à comprendre par son étymologie plus que comme une référence à un “état de vie”. Moine vient du grec : “monos”, c’est donc sur cette unité entre le chrétien et le Christ (“c’est le Christ qui vit en moi” Ga) que veut insister Evdokimov. Il ne s’agit bien évidement pas d’imaginer que tous les chrétiens partent dans des monastères.
    Comme je le dis dans l’article, cette expression est l’équivalant dans la théologie orthodoxe de ce que le Concile Vatican II appelle la “vocation universelle à la sainteté”.

    J’ai repris cette formule car il y a dans ce livre (“les âges de la vie spirituelle”) un ton prophétique qui m’a saisi. Evdokimov ne se contente pas d’un manifeste pour le monachisme intériorisé, il prophétise cet avènement.

    Pour ce qui est de la question eschatologique, pour être complet (si l’on peut être complet sur un tel sujet) il faudrait un deuxième volet à cet article.

    Il faudrait compléter l’insistance sur la “séparation” ici développée par un volet sur la transfiguration. L’arrachement à la terre pour vivre en Christ n’est valable qu’à condition d’être d’abord ancré dans cette terre et d’en suite y retourner.

    La vague “révolutionnaire” couvrant en ce moment le web m’a fait penser que l’insistance sur la “séparation” était plus urgente.

    Reste pourtant une question eschatologique à travailler.

    Les écrits apocalyptiques nourrissent en effet deux interprétations auxquelles il faut être attentif.

    D’un côté (la ligne que j’ai ici développée) une insistance sur la transcendance du Royaume des Cieux, il n’est pas la cité terrestre. Cette insistance à pour bienfait de relativiser toute réalisation politique concrète et d’éviter l’auto-idolatrie consistant à prendre son oeuvre politique pour le Royaume du Christ.

    De l’autre, il y a l’espérance d’une transformation réelle de notre monde d’ici-bas par le Christ (et non sa simple destruction et son remplacement). Cette ligne a sans cesse ressurgi dans la théologie. Certaines formes furent condamnées (millénarisme, théologie de Joaquim de Flore, ….) mais pas toutes car il y a dans ces théologies une intuition légitime : l’espérance que tout ce que Dieu a créé soit sauvé (et non pas seulement l’homme). Saint Bonaventure par exemple a repris les intuitions de Joaquim de Flore (c’est le sujet de la thèse de J. Ratzinger) pour penser une eschatologie dans laquelle il y a une place pour un salut de toute la création (lire à ce sujet Rm 8). C’est aussi l’intuition du catholicisme social (Ozanam parlait d’une “Ère de la Charité”, après celle de la foi et de l’espérance), c’est enfin le sens que l’on peut donner à l’expression “civilisation de l’amour” omniprésente dans la bouche de Paul VI, JPII et BXVI.

    La première ligne insiste sur la rupture, la seconde sur la transfiguration.
    La seconde reste cependant conditionnée par la première : pas de transfiguration de la terre sans d’abord une désabsolutisation de celle-ci.

    Ce questionnement recoupe une autre question : savoir si une société chrétienne est possible (c’est la question de la “chrétienté”). Au delà d’une nostalgie passéiste, l’hypothèse d’une “chrétienté” comme avènement d’une civilisation de l’amour mérite d’être envisagée.
    En ce sens on pourrait lire :
    ->Berdaiev, “Le nouveau moyen-âge”
    ->Gilson, Pour un ordre catholique, (récemment réédité)
    ->P. de Laubier (les ouvrages de cet auteurs sont de bonnes portes d’entrée pour comprendre la théologie de l’histoire, les pensées eschatologiques, et la doctrine sociale de l’Église) “Pour une civilisation de l’amour, message chrétien” et “Quand l’Histoire a un sens. A la lumière de l’Apocalypse”
    ->Soloviev, “court récit sur l’Antichrist”
    -> et un roman : Mickael O Brian, “Père Elijah”

    Une piste ouverte par Bonaventure :
    dans “les six jours de la création”, le docteur franciscain pense que l’histoire du christianisme est à penser à partir des périodes de la vie du Christ.
    ainsi : au massacre des innocents répond le martyr des chrétiens dans les trois premiers siècles.
    à la vie cachée répond le monachisme

    ainsi, l’entrée glorieuse de Jésus à Jérusalem laisserait espérer un succès temporel (et temporaire) du Christ, une ère où le christianisme couvrirait la terre dans la paix.
    mais viendrait bientôt, la grande persécution, la grande apostasie, … et enfin la résurrection.

    Rappelons aussi ce que disent les écritures :
    chez saint Marc : la condition au retour du Christ est l’annoncer sur toute la terre de l’Évangile (pas encore accomplie)
    chez saint Paul (Rm 9-11) la condition est la conversion d’Israël (pas encore accomplie)
    (sur cette dernière question je pense que Fr Moïse Ballard dans “L’enjeu spirituel du mystère d’Israël” dit des choses intéressantes).

  4. Hervé

    Merci du fond du coeur.
    Vos pensée raisonnent en moi, je prends note et médite.
    Je prierai pour vous, et pour notre pays, cher Benoît.
    All the best!

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