Dans le monde sans en être

La petite Église de Djibouti

map-of-djiboutiPetit carré de désert brûlé par le soleil situé aux confins de la Corne de l’Afrique, coincé entre l’Ethiopie, l’Érythrée, la Somalie et le Yémen, la République de Djibouti est une ancienne colonie française, indépendante depuis 1977. Destination familière du milieu militaire français, pour sa base qui compte encore plus de 2 100 hommes (en attendant les prochaines réductions d’effectifs annoncées…), Djibouti figure dans la liste annuelle de l’ONG protestante Portes Ouvertes parmi les 50 Etats où les chrétiens sont le plus persécutés. En effet, sa population chrétienne, isolée dans une société musulmane, est très restreinte, et l’évangélisation y est interdite. 

L’ancienne présence des Éthiopiens orthodoxes

Djibouti a pour Etat voisin l’Ethiopie, immense pays de 91 millions d’habitants, marqué par sa longue histoire avec l’Eglise orthodoxe, qui regroupe environ 60 % de la population. Bien qu’hôtes du Prophète Mahomet, fuyant les tribus polythéistes de La Mecque, les Éthiopiens chrétiens ont longtemps dû résister seuls dans une région conquise puis dominée par l’islam. Pendant des siècles, les Arabes et Somalis musulmans de la côte de la mer Rouge se sont servis en esclaves chrétiens dans l’Ethiopie voisine. Leurs lointains descendants, les Djiboutiens actuels, ont conservé de cette période un certain mépris pour les Éthiopiens. Cette perception s’accentue par la dépendance éthiopienne envers le port de Djibouti. Privée de débouché sur la mer Rouge, l’Ethiopie dépend de son minuscule voisin pour ses importations et exportations, et l’alimente en échange en alimentation et en électricité. Une communauté éthiopienne relativement importante vit à Djibouti, composée en grande partie d’immigrés cherchant du travail. Pour cette raison, le pays est un diocèse à part entière de l’Eglise orthodoxe, qui dispose d’une cathédrale dans la capitale. De nombreux Éthiopiens à Djibouti possèdent chez eux des icônes, symboles de leur identité et de leur foi. Leur culte est toléré, mais toute expression publique est interdite. L’Eglise orthodoxe ne cherche de toute façon pas à évangéliser, et se concentre sur ses “concitoyens”.

Une Eglise catholique réduite mais efficace

Les missionnaires catholiques sont arrivés avec les Français, qui achetèrent au sultan de Tadjourah, port de la mer Rouge, la région environnante en 1862. Le diocèse de Djibouti est en grande partie l’héritier de la colonisation française: la cathédrale Notre-Dame du Bon Pasteur fut érigée en 1964, et consacrée par le cardinal lorrain Eugène Tisserant. L’évêque catholique de Djibouti est depuis 2001 Mgr Giorgio Bertin, franciscain italien. Sa juridiction s’étend à la fois sur Djibouti, et sur la Somalie voisine, où le christianisme est proscrit. C’est à ce titre qu’il gère le procès en béatification de sœur Leonella Sgorbati, religieuse italienne travaillant dans un hôpital de Mogadiscio, assassinée en 2006 par des islamistes, qui voulaient « punir » les propos du pape Benoît XVI sur l’islam à Ratisbonne. Les ouailles de Mgr Bertin sont majoritairement des militaires et expatriés français, ainsi que des Africains francophones résidant à Djibouti. De nombreux ordres religieux sont présent dans le pays: missionnaires de la Charité, Soeurs Franciscaines, Soeurs de la Présentation, Soeurs et Pères de la Consolation, et Frères des Ecoles Chrétiennes. Leur rôle caritatif et éducatif est immense ; ils s’occupent de plusieurs écoles, y compris “en brousse”, hors de la capitale. Ils prêtent également main-forte dans les hôpitaux, et prodiguent une aide active aux réfugiés d’Érythrée et de Somalie qui affluent à Djibouti. Enfin, une communauté protestante, d’origine française, existe à Djibouti depuis 1960, composée d’expatriés occidentaux ainsi que de réfugiés érythréens et de Djiboutiens convertis.

Impossible évangélisation

L’islam est religion d’Etat à Djibouti. Les Eglises chrétiennes sont tolérées, à condition qu’elles ne cherchent pas à évangéliser les musulmans. Les cours de catéchisme dans les écoles tenues par les religieuses catholiques sont interdits. Un Djiboutien qui embrasse le christianisme est immédiatement rejeté par sa communauté, voire emprisonné. Les conversions sont donc tenues secrètes. La société djiboutienne affiche une religiosité traditionnellement culturelle, mais l’islam rigoriste, en provenance d’Arabie saoudite et du Yémen, progresse, à travers les financements de mosquées, d’écoles coraniques, et le port du voile de plus en plus fréquent. L’islam est également un facteur d’unité, dans un pays où le régime en place se maintient au pouvoir par des arrestations arbitraires et des élections truquées. L’islam permet à Djibouti de s’affirmer comme nation “musulmane” et “arabe”, et de faire partie de la Ligue arabe. Un accord secret entre les Etats membres de cette Ligue prévoyait pendant la guerre civile soudanaise, entre musulmans et chrétiens (1983-2005), d’intercepter les réfugiés chrétiens sur leur territoire et de les renvoyer aux autorités musulmanes. Djibouti s’y est employé, contrecarré par des actions souterraines de missionnaires, qui exfiltrèrent des réfugiés soudanais chrétiens en Ethiopie.

La solidarité, seul moyen d’expression

Dans ces conditions, la petite Eglise djiboutienne cherche à s’exprimer là où cela lui est possible, alors que règne la plus grande pauvreté dans le pays. Les structures d’alphabétisation, de formation et d’éducation, ainsi que de soins, sont les seules moyens que l’Eglise catholique dont dispose pour faire rayonner sa présence en terre d’islam, par la plus simple charité chrétienne.

Bougainville

3 réponses à “La petite Église de Djibouti”

  1. Françoise VINARD

    Bonjour
    en séjour à Djibouti pour quelques mois et étant chrétienne, j’aimerais entrer en contact avec votre église. Mais je n’arrive pas à connaître votre adresse et les horaires de vos services.
    Merci pour votre réponse
    Amitiés
    Françoise Vinard

  2. John

    Le seul chemin vers le paradis.

    Si nous voulons aller à un endroit inconnu, nous ne connaissons pas le chemin vers un lieu inconnu,
    Nous avons besoin de la personne qu’Il va jamais à cet endroit ou cette personne de cet endroit
    ramasse-nous, alors on ne se perd pas
    Cette façon de penser est très raisonnable et elle peut accepter par notre logique.

    Si Nous voulons aller au Ciel, nous avons besoin de la personne qu’Il connait
    Le ciel ou la personne du ciel va à la terre et il peut revenir en arrière
    encore, au Ciel. La personne est Jésus, Il retourne au Ciel
    témoigné par ses disciples (Actes 1: 9-11), de sorte que Jésus n’a pas
    Grave sur la Terre. Jésus peut vous amener au paradis, mais une autre personne
    que sa tombe sur la Terre, alors vous ne connaissez pas son esprit aller à
    Ciel ou allez en enfer. Cette personne n’est pas sûre de vous amener au paradis.

    Comment suivre Jésus en suivant sa parole et faites-le.
    Comment connaître sa parole en lisant la bible tous les jours.
    S’il vous plaît informer à chaque personne qui croit en Jésus en tant que fils de Dieu.

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