Mon Cher Vaugirad,

Comme je suis une réac’ moderne en plus d’être une tradismatique, j’aime bien l’idée qu’on puisse garder une vieille maison en ruine et la retaper de l’intérieur.

Peut-être est-il possible de penser une religion d’État sans pompe, sans faste, etc.; même si je ne dis pas qu’il faut qu’il y ait nécessairement une religion d’État, mais cela peut s’envisager autrement que ce qui a été fait par le passé en France. Ou tout du moins s’en inspirer dans certaines lignes mais s’adapter aux évolutions sociales et contextuelles des moyens à mettre en place (sinon on régresse au lieu d’avancer). Et on pourrait s’inspirer de (rares) modèles où cela a pu fonctionner.

Cela dit, on est bien d’accord qu’une Eglise mêlée à un pouvoir politique temporel étatiquement limité (et armé, et financé!) entraine forcément une dénaturation de son message (il me semble que c’est d’ailleurs Benoît XVI qui parlait de cette “dénaturation du message de l’Eglise” lors d’une allocution sur les guerres de religions…). Le pouvoir politique et moral du Vatican reste d’abord à visée éternelle et universelle, et pour la protection du “petit troupeau”.

Autre point: concernant la foi enseignée à l’école. Un enseignement de la foi à l’école est tout de même un moyen d’évangélisation incroyable, à partir du moment où cela est bien pensé et bien encadré. Ne serait-ce que dans l’ordre de la morale “humaine” (en fausse opposition avec la morale chrétienne), c’est un outil qui peut transcender le coeur de l’homme à l’âge où rien n’est encore endurci. On peut beaucoup semer grâce à cela, je pense. Et cela n’empêchera jamais un enfant de rejeter la religion un jour s’il le souhaite (combien d’enfants de famille très catho ont tout lâché à cause d’une épreuve ou d’une révolte?). Donc la liberté des enfants (de Dieu) serait conservée. Si cela est bien pensé et bien encadré, encore une fois.

Et cela pourrait avoir sa place dans une école publique souvent en piteux état au niveau social ou moral (comparativement à beaucoup d’écoles privées ou hors contrat).

Mais on est d’accord que c’est un sujet épineux et que l’idéalisme du catholique de bonne volonté se confronte à la réalité complexe et compliquée de la société.

Bref, “duc in altum!”.