Dans le monde sans en être

Les subventions, un danger pour la liberté de la presse ?

presse

Après s’être imposée l’idée selon laquelle les médias sont tous pourris, se banalise ces derniers temps ici ou (enfin surtout ) l’idée que les aides de l’État à la presse seraient la preuve de la mainmise du gouvernement sur les médias.

presseBon, commençons par rappeler que sous le gouvernement précédent (de droite, je vous le rappelle) les subventions existaient déjà, et dans les mêmes proportions (Quoi ? ce n’est donc pas un complot socialiste ?!).

Ensuite, même si vous avez le droit de rêver d’un marché magique, d’une main invisible et d’une concurrence pure et parfaite, on n’y est pas encore… et dans l’état actuel des choses, la suppression des subventions de la presse signifierait purement et parfaitement la disparition de la presse quotidienne nationale.

Le système des aides à la presse en France a été mis en place pour favoriser le pluralisme dans la presse écrite. Évidement, tant que c’est à notre avantage, on est prêt à défendre le pluralisme, ainsi, j’imagine que la quasi-totalité des lecteurs de nos Cahiers se réjouissent du fait que la France ait un quotidien national catholique. Mais dès que le pluralisme bénéficie aussi aux autres… là… on se crispe ! Et oui, si La Croix est subventionné, L’Huma l’est aussi.

Le pluralisme n’est-il bon que lorsqu’il sert nos intérêts ? Dans un article sur la démocratie, j’évoquais déjà cette question. On a facilement tendance à n’accepter le jeu démocratique que tant que l’on peut tirer la couette de son côté … n’est-ce pas un manque d’intégrité ? Soit le pluralisme est une bonne chose et on se réjouit que l’État soutienne L’Huma et La Croix, soit le pluralisme n’est pas une bonne chose et l’on accepte de voir couler l’un et l’autre journal.

Mais, plus radicalement encore, il me semble que s’en prendre aux subventions de l’État c’est se tromper de combat. À l’idée selon laquelle ces subventions serait une mainmise de l’État sur les lignes éditoriales, il me semble que l’on peut opposer l’idée exactement opposée : ces aides garantissent l’indépendance de la presse. Le vrai danger pour la liberté de la presse ce n’est pas l’État, c’est le Marketing ! 1écoutez à ce sujet Beccariat Les difficultés financières des médias les font de plus en plus céder aux impératifs marketing. Quand le contenu d’un article est dicté par la publicité qui sera publiée à ses côtés (et c’est déjà souvent le cas), là oui, la liberté de presse est en danger !

Les aides de l’État ont pour but d’assurer une certaine indépendance de la presse vis-à-vis du diktat marketing. L’Huma et La Croix n’existeraient pas s’ils ne devaient compter que sur la pub 2alors que la publicité représente en moyenne 50% du chiffre d’affaire des journaux nationaux, elle ne représente que 10% du chiffre d’affaire de La Croix.

S’en prendre à l’État, c’est se tromper de combat.

Peut-être notre système n’est-il pas le meilleur, peut-être la main invisible ferait-elle mieux… Peut-être même l’époque de la presse écrite quotidienne est-elle finie… Peut-être… J’espère cependant que la loi du Buzz ne remplacera pas trop vite pas la liberté de la presse qu’assurent aujourd’hui les subventions à la presse.

PS: Vous avez vu cette page de l’UNI contre les subventions à L’Huma, pensez-vous honnetement que l’UNI serait capable de faire la même contre les subventions à La Croix ? avec à la place de la couverture de L’Huma sur le décès de Staline, une couverture de La Croix soutenant les anti-dreyfussard…

Soyons cohérents.

Benoît

Notes :   [ + ]

1. écoutez à ce sujet Beccariat
2. alors que la publicité représente en moyenne 50% du chiffre d’affaire des journaux nationaux, elle ne représente que 10% du chiffre d’affaire de La Croix

25 réponses à “Les subventions, un danger pour la liberté de la presse ?”

  1. Henry le Barde

    “Ensuite, même si vous avez le droit de rêver d’un marché magique, d’une main invisible et d’une concurrence pure et parfaite, on n’y est pas encore…”

    Ben en fait, comment dire ? Je ne suis pas sûr qu’un seul économiste y croie encore…
    Écrire ça en 2013 fait l’effet d’un journaliste qui dirait que les catholiques croient en la Création du monde en 7 jours. Dans un cas comme dans l’autre, je conçois que la critique demande un peu moins de boulot.

    Sinon, on peut rire sur les subventions magiques dont les petites mains favorisent le pluralisme ?

    Le problème sur lequel l’article fait l’impasse, c’est que l’État fige les idées. Qu’on soit pour ou contre les subventions, à aucun moment on ne se demande si continuer à subventionner Libé ou l’Huma a encore un sens. Si la baisse de leur lectorat (voir un bon article d’Acrimed sur le sujet récemment) ne vient pas du fait que les idées défendues par leur journal ne sont plus partagées très largement.

    Dès lors, comment fait-on ? On arrête de subventionner des idées devenues marginales ? On subventionne TOUT journal dont les idées sont représentées par quelques pékins moyens ?

    Bref, on s’arrête au classique combat d’ une main invisible dont vous mentionnez plus en trois articles que le seul Smith pendant toute sa vie vs. un système garant d’un pluralisme finalement gravé dans le marbre du XXe siècle…

    PS : quid d’un tour d’horizon sur les systèmes d’aide à l’étranger ? Ce serait sans doute instructif 😉

  2. FolBavard

    J’adhère à la critique du barde. Et j’ajoute que d’un point de vu strictement économique, en plus du risque de non renouvellement des idées, il y a un risque lié à l’innovation technologique.

    C’est la même chose que pour Amazon et les libraires. Subventionner, protéger, c’est cautionner (dans une certaine mesure) un manque d’initiative en terme d’innovation.

    Toute la question est la qualité de l’information. L’Etat est il un juge pertinent de la qualité de l’information ?

  3. Vieil imbécile

    On pourrait faire un tour d’horizon à l’étranger. Mais on pourrait aussi examiner ce qui se passe en France. Qu’est-ce qui est de meilleure qualité, la presse subventionnée ou la presse non subventionnée ? la radio subventionnée ou la radio non subventionnée ? la télévision subventionnée ou la télévision non subventionnée ? La réponse n’est pas univoque, bien sûr, et quelles que soient nos réponses, on y trouvera des contre-exemples flagrants. Cependant, cette presse subventionnée, avec tous ses défauts, avec tous ses abus, avec tout son mimétisme, avec toutes ses facilités… me semble apporter quelque chose que n’apporte que peu la presse non subventionnée. Une certaine volonté d’élévation, peut-être.
    Le débat en “tout ou rien” une fois écarté, l’amélioration du modèle actuel (comment limiter l’effet “pré carré”, l’effet caste, l’injustice, la pénalisation du nouvel arrivant qui doit “lutter” contre des subventionnés, le maintien des has been, la nécessité de l’innovation…) toute difficile qu’elle soit, me semble amplement justifier la dépense de quelques neurones.

  4. Joseph Gynt

    Pour répondre aux commentaires, le fait d’accorder des aides à la presse ne fait pas de l’Etat le juge de la qualité de l’info, Dieu merci ! Et s’il décidait, de sa puissante main visible, de les retirer, j’espère bien que ce ne serait pas pour des raisons éditoriales.

    Dans l’histoire de la presse, chaque révolution technologique est l’occasion d’une critique générale (et légitime) de secteur. En particulier de ses accointances avec le pouvoir (Cf. Zola vs l’affaire du canal de Panama). Aujourd’hui comme hier, l’enjeu ne porte pas sur le principe d’un soutien à un secteur économique, mais sur une double problématique : d’une part la recherche d’un modèle éco rentable dans une nouvelle donne technologique, et, d’autre part, la difficulté du plus beau métier du monde (si si !) à rester fidèle à ses fondamentaux.

    Ces deux problématiques sont liées et imposent une réflexion passionnante. Aussi passionnante que cette époque, parce que tout reste encore à (ré)inventer !

  5. Paul

    Assez d’accord avec Henry…

    Ca pose la question de figer l’état de la presse et donc celle de l’apparition de nouveaux titres.

    – Comment valide t-on qu’un nouveau titre mérite les subsides publiques ?

    – Privilégier les acteurs en place au détriment de ces nouveaux titres qui n’apparaissent pas, n’est-ce pas

    1. risquer de limiter la vie intellectuelle du pays :
    – C’est précisément dans ce contexte d’aides massives que la presse gratuite de mauvaise qualité émerge. Puisque la seule manière d’entrer, pour un nouveau titre, est de le faire avec un investisseur conséquent, qui exige une rentabilité forte.
    – C’est la porte ouverte au contrôle des médias par des minorités à fort pouvoir capitalistique (type P. Bergé)

    2. créer des “forteresses à prendre” :
    De la même manière dont les lobbies font de l’entrisme dans les partis actuels, qui jouissent d’un effet de marque auprès des électeurs, plutôt que de créer des nouveaux partis, il y a un risque de privatisation d’un journal au profit d’un courant de pensée finalement minoritaire (par ex. ADMD).

  6. Joseph Gynt

    Quoi qu’il en soit, il est plus intéressant de porter le débat sur le terrain des freins éventuels à l’innovation (théorie discutable), plutôt que sur celui des atteintes à la liberté de la presse…

  7. Vieil imbécile

    @ Paul : tu soulignes les abus des subventionnés. À raison. Mais il me semble qu’il faut rentrer dans le concret. Je déteste Libération dont les articles, les rares fois que je les lis, je le confesse, représentent en général tout ce que j’exècre. Cependant, si je compare Libération avec 20 Minutes, je crois que je préfère quand même Libération car, une fois débarrassé de sa gangue idéologique, il y a une certaine valeur et de la réflexion. On pourrait examiner l’alternative en se posant cette question : le diable se loge-t-il de préférence dans le néant (20mn) ou dans la perversité (Libé) ? 🙂 Perso, il me semble toujours plus fructueux d’engager un dialogue avec l’erreur qu’avec le vide.
    @ Fol : Certes l’État n’est pas un juge pertinent. Mais la question n’est pas là, je crois. Elle est plutôt quel est le moins mauvais juge ? Le peuple, donc le succès, est-il un bon juge ? là, je rejoins Benoît. Les ravages de la publicité et du marketing qui savent si bien flatter nos pulsions pour déclencher notre achat ont complètement bouleversé la donne. Il ne faut donc pas se leurrer, dans le cas de la presse non subventionnée, le juge devient l’Entreprise. Et – clin d’œil au barde – on se retrouve dans une situation du type Google vs État, qui comporte autant de dangers et d’abus, je crois.

  8. Amblonyx Cinereus

    @Vieil_Imbecile le problème est que les subventions imposent à tout nouveau concurrent d’avoir un modèle économique très porteur.
    Aujourd’hui, la seule alternative économiquement viable aux journaux subventionné sont les « gratuits ».
    Dans un modèle moins subventionné des concurrents plus riche en terme de contenu mais moins rentable pourrait apparaitre.

  9. Vieil imbécile

    @Amblonyx : à mon sens, le problème n’est pas “moins subventionné”, mais comment faire pour que la subvention évite tous les écueils relevés, dont celui que tu soulignes : la barrière à l’entrée. La subvention devrait être entièrement orientée vers la qualité, et non pas la facilité (ça, on peut le laisser au non-subventionné…). La mission de feue l’ORTF était de “satisfaire les besoins d’information, de culture, d’éducation et de distraction du public”. Elle manquait déjà d’élévation, mais elle avait le mérite d’exister…

    Je me rends bien compte que dans toutes ces discussions on butte vite sur la définition du bien. Dans une société laïcisée, le bien se privatise vite. Il se NVBïse, se taubirise, se peillonnise, se valise, se hollandise, se sarkozyse. Et finalement s’absolutise. Bien sûr, dans ces conditions, le principe même de la subvention étatique devient suspect.
    Pour reprendre les missions de l’ORTF, l’information c’est bien, mais la négation de la différence est-elle informative ? la culture c’est bien, mais la Fiac est-elle culturelle ? l’éducation c’est bien, mais l’encouragement à la sexualité précoce est-elle éducative ? la distraction c’est bien, mais la télé-réalité est-elle distrayante ?
    Un état purement laïc, c’est-à-dire sans référence extrinsèque explicite ou même implicite, peut-il aboutir à autre chose qu’à un totalitarisme de la pensée ? je ne vois pas comment.
    D’où la priorité absolue donnée à l’évangélisation 🙂

  10. Benoit

    Merci à tous pour vos commentaires, comme souvent le plus intéressant est en commentaire.

    @Vielimbécile Je te rejoins volontiers, sauf sur ton dernier post.

    Le “bien” dans un État laïc n’est certes pas décidable de manière définitive, mais il est une idée régulatrice, un horizon qui garde sa valeur.

    Pour faire un petit parallèle :

    La théologie accède à la vérité en accordant une valeur a priori à la Révélation divine.
    La philosophie non.
    Et pourtant la philosophie n’est pas la renonciation à la vérité (bien au contraire !).
    Et même, la philosophe est souvent une aide indispensable à la théologie.

    De même, l’État religieux pourrait se revendiquer d’une vérité révélée;
    l’État laïc non,
    mais il n’est pas pour autant condamné à abandonner la vérité.

    (il me semble même que le danger totalitaire est bien plus fort pour l’État religieux)

    Dire que le risque c’est la récupération du “bien” par tel ou tel acteur politique, c’est mettre évidence que le danger c’est de vouloir affirmer l’univocité du “bien”, vouloir soi-même définir pour tous ce qu’est le “bien”.
    L’antidote est donc la “diversité”.

    (Que nous ayons des avis différents n’est pas un problème si les différents avis sont pensés. Le plus dangereux est l’absence de pensée. Pour rejoindre ce que tu disais plus haut : le danger ce n’est pas Libé c’est 20min)

    Ainsi il me semble que le “critère” ne peut pas être tel ou tel définition du “bien” mais la garantie de la diversité de la presse (et donc de la diversité des définitions du “bien”).

    Évidement ce pluralisme est toujours en danger. C’est lui qu’il me semble falloir sauver.

    En théologie, il y a un principe récurant : l’image dans le monde humaine de l’unité divine n’est pas l’unité mais la diversité/pluralité.
    (ex: Dieu est Un, mais n’a pas créé un monde simple, mais un monde avec une multitude d’espèces …
    Vouloir imiter l’unité divine par l’unité humaine est toujours très dangereux.)

    mais, même avec cette précision, je reprends volontiers ta conclusion : la priorité de l’évangélisation.
    (tout en tenant le fait que même si tous était évangélisés et convertis, la diversité des opinions quand aux décision politique demeurerait toute aussi vive. C’est pour ça par exemple que la Doctrine Sociale de l’Église ne peut jamais être dite de droite ou de gauche, et que l’Église reconnaît la légitime diversité des opinions politiques )

  11. Nils

    1/ Accès à l’information, pluralisme, outil fondamental pour se forger une opinion : toutes les raisons pour affirmer que la presse n’est pas un business comme un autre et mérite donc un traitement spécial. Mais TOUS les secteurs revendiquent une spécificité quelconque.

    2/ On parle beaucoup d’indépendance. Mais de quelle indépendance s’agit-il ? Indépendance politique ? Indépendance vis-à-vis des annonceurs et entreprises ? Indépendance absolue (synonyme d’autarcie) ? Indépendance vis-à-vis du public ?

    3/ Tu fais bien, Benoit, de souligner le “deux poids deux mesures” de l’UNI (et de nombreux autres abrutis) sur l’Huma et la Croix. Nous sommes sur la même longueur d’ondes (tu peux faire un screenshot).

  12. Paul

    L’article prend une hypothèse fondamentale qui me semble complètement fausse. A savoir : que les subventions profitent à la presse et la nourrissent.

    Les économistes s’intéressent à une question similaire, celle de l’incidence fiscale : il s’agit de dire qui, in fine, subira le poids d’une nouvelle taxe… Cf http://www.ecopublix.eu/2007/09/qui-paie-les-impts.html

    Ou pour prendre une image supplémentaire : une augmentation des APL ne profite que peu aux étudiants qui se logent… elle ne fait que gonfler le loyer que des propriétaires en position dominante sur le marché peuvent leur imposer.

    La question est donc ici : qui récupère l’argent des subventions ? La réponse est à chercher du côté de l’acteur qui peut le plus facilement répercuter ses coûts sur les autres dans la chaîne. J’ai nommé.. les NMPP ou Presstalis.

    Ce sont eux qui affament le secteur de la presse en lui imposant des coûts de distribution disproportionnés. Une grande partie du succès des gratuits passe d’ailleurs par le fait qu’ils ont réussi à les contourner – au prix d’entrepôts brûlés.

    Les subventions n’ont que peu à voir avec la qualité de la presse. Simplement, avec la force mafieuse du syndicat monopolistique dans la distribution.

  13. Vieil imbécile

    @Paul je suis assez d’accord à propos des NMPP. Mais ça ne répond pas à ma constatation : aujourd’hui les gratuits sont affligeants, alors que dans les subventionnés on trouve de très belles pépites. Le fait que La Croix soit le seul grand quotidien national subventionné qui progresse montre de plus que la subvention ne dénature pas tout. Une bonne partie, je suis d’accord, mais pas tout. C’est tout le problème de jeter le bébé avec l’eau du bain : la subvention est malade en France, je suis d’accord. Faut-il la tuer ou la guérir ? Tiens, ça me rappelle un autre débat en cours 😀

  14. Paul

    Le truc, c’est que la subvention coûte au contribuable pour une qualité encore moyenne : tu paies deux fois ton journal.

    Un bon démantèlement de Presstalis dans une affaire antitrust, c’est le remède qu’il faut à la presse (et ça dégagera les subventions pour faire autre chose)

  15. Zozoped

    Je me sens obligé de réagir quand je vois qu’on discute des subventions à la presse, sans parler du montant de ces subventions.

    La fourchette de subvention est actuellement de l’ordre de 10 à 30% de financement public par exemplaire de journal vendu.

    Ce qui signifie que si on voulait supprimer ces subventions, il “suffirait”, pour arriver à l’équilibre budgétaire (j’omets les suppléments venant des impôts divers..), de rajouter 30 centimes dans le prix d’un exemplaire de votre quotidien préféré.

    30 centimes, c’est loin d’être inabordable, même pour le lecteur de l’Humanité (le numéro est vendu à 1,4 euros). Ce sont les 30 centimes qui font la différence entre engagement individuel des lecteurs, et rémunération des journaux au mérite, et une subvention publique qui permet de vivre indépendamment de la qualité de l’information produite.

    30 centimes. 30 centimes au numéro, et la presse est lavée de quelques uns de ses soupçons de servilité et d’affinité avec le pouvoir.

  16. Benoit

    30 centimes fois tous les jours de l’année.

    le prix des journaux est déjà énorme en France (en UK le prix des quotidiens est autour de 0,50€ me semble t il)

  17. Vieil imbécile

    @Zozoped 🙂 magie des chiffres. Un abonnement à La Croix : 366€. Si la subvention est de 25%, le prix hors subvention approche les 500€. Héhé, c’est plus pareil !

  18. Zozoped

    Bien sur, ça se multiplie par la quantité qu’on veut. La baguette qui augmente de 30%, ça fait une augmentation du budget similaire. On peut alors choisir de manger des croquettes industrielles, ou d’en payer le prix fort.

    Pourquoi est-ce que les journaux auraient un statut différent ?

  19. FolBavard

    Si en GB/UK les journaux sont moins chers, c’est peut-être (hypothèse) dû à des coûts moindres.

    Quels peuvent être ces coûts ? On peut imaginer que les taxes (on peut subventionner ET taxer en même temps) ou les prix de Presstalis sont des coûts potentiels.

    Ensuite, il se peut aussi que les prix aient baissé grâce à la concurrence. Or, les subventions faussent la concurrence en créant une barrière à l’entrée : les journaux bénéficient d’une subvention que les nouveaux entrants n’ont pas.

    La question que je soulève est celle de la contestabilité d’un marché (Cf Baumol) : un marché est contestable s’il n’y a pas de barrière à l’entrée.

    Or les subventions créent une barrière à l’entrée. Donc empêche le jeu de la concurrence qui peut amener à la baisse des prix (pour ceux qui en doutent, Free est un exemple de nouvel entrant baissant les prix d’un marché).

    Supprimer les subventions revient à supprimer une barrière à l’entrée.

    On arrive donc à un paradoxe : supprimer les subventions, cela va faire augmenter les prix dans un premier temps. Mais dans un 2e temps, les prix baisseront par le jeu de nouveaux entrants.

    Donc, supprimer les subventions peut (possibilité, pas certitude) amener à une baisse des prix.

  20. FolBavard

    Et détail : le système actuel semble permettre d’effacer les dettes détenues par l’Etat envers l’Huma.

    Jusqu’à preuve du contraire, cela ressemble fort à du copinage sous couvert de subventionner la presse. Mais j’ai hâte d’entendre l’explication.

  21. Paul

    Il y a une deuxième forme de subvention de la presse : la niche fiscale pour les journalistes (qui retranchent 7500€ à leur revenu imposable…).

    Mais le bénéficiaire n’est pas le journaliste, puisqu’elle permet à la presse de les sous-payer… et sans doute pas non plus à la presse puisque l’acteur qui a le plus grand pouvoir de marché reste le distributeur, Presstalis.

  22. Vieil imbécile

    @Fol En fait… notre différence d’approche me semble refléter notre différence d’ambition… toi tu as l’ambition de baisser le prix des journaux, moi j’ai pour ambition d’en améliorer la profondeur. L’enjeu de la subvention, à mon sens, n’est PAS de baisser le prix pour l’acheteur. Il est de proposer un cahier des charges qui obligera les médias à approfondir leurs réflexions ; c’est un échange : “si tu augmentes la qualité, je t’en récompense”. L’avantage des subventions publiques est là : elles permettent d’exiger de la qualité, tandis que les subventions privées (la pub) n’exigent qu’une chose : plus de ventes. En fait nos discussions devraient plus porter sur la rédaction de ces cahiers des charges, afin qu’ils soient VRAIMENT créateurs de fond.

  23. Vieil imbécile

    @Benoît Je vais faire un truc vraiment unfair pour te répondre : je vais citer un pape 🙂
    “Le nécessaire réalisme de la politique et de l’économie ne peut se réduire à une technique privée d’idéal, qui ignore la dimension transcendante de l’homme. Quand manque cette ouverture à Dieu, toute activité humaine devient plus pauvre et les personnes sont réduites à un objet dont on tire profit” (Pape François, Message pour la Journée Mondiale de la Paix 2014).
    C’est en ce sens que – non pas d’une manière théorique, mais d’une manière expérimentale – je redoute l’évolution d’une société qui refuse toute référence extrinsèque…

  24. Canto

    Que pensez-vous des journaux qui reçoivent des subventions et pourfendent l’assistanat dans leurs colonnes ?

Laisser un commentaire

Les balises HTML usuelles sont autorisées. Votre email ne sera pas publié.

Abonnez vous aux fil des commentaires RSS