Dans le monde sans en être

Edito : Le Pape, figure de l’année 2013

François et Benoît XVI2013 se termine. Un regard dans le rétroviseur et nous voyons une année éclairée par une figure, je n’ose pas dire un “homme de l’année” façon Time. Cette figure est celle du Pape, du successeur de Pierre. Mais, me direz-vous, de quel Pape ? Benoît XVI, qui a démissionné le 11 février, ou François ? Les deux, cher lecteur.

Benoît XVI a marqué les esprits par son acte de renonciation. Une première depuis le Moyen-âge. Un geste nouveau, inattendu, risqué aussi. Il a reconnu ses limites devant l’ampleur de la tâche et notamment devant les crises qui traversent la Curie romaine. Benoît XVI a été un très grand pape, un théologien génial et une personnalité connue pour sa sainteté. Son acte de renonciation est une formidable leçon d’humilité donnée au monde entier. Mais c’est surtout un profond acte de foi et d’abandon à la Providence. Celle-ci n’a pas manquée de répondre avec une autre surprise : l’élection du cardinal Bergoglio, le Pape François.

François mérite bien son titre d’homme de l’année par un grand newsmagazine américain. Il est en effet une personnalité surprenante et prophétique. Surprenante car rien n’était prévisible avec lui : il était absent des listes de favoris, il a choisi le nom de François, jamais utilisé auparavant, et surtout il y a eu ce geste : il a demandé la prière des fidèles, en s’inclinant devant nous tous. Une “prière des frères” pour le nouveau Pape, la démarche est belle et forte.

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François n’a pas manqué de nous adresser de puissantes paroles : son voyage à Lampedusa où il a condamné la “mondialisation de l’indifférence”, sa visite à Assise où il nous appelle à nous dépouiller de toute mondanité… Mais aussi l’exhortation apostolique Evangelii Gaudium, consacrée à la nouvelle évangélisation, pleine de paroles puissantes et de quelques diatribes contre le monde de l’argent. Cela lui a valu de se faire  traiter de “marxiste” par certains conservateurs du Tea Party. Rien de nouveau sous le soleil : déjà en 1848, Frédéric Ozanam disait aux prêtres s’occupant des miséreux qu’ils se feraient traiter de “communistes 1Il le disait dans sa “lettre aux gens de bien”, publiée dans l’Ere nouvelle”.

François nous adresse des paroles prophétiques où il nous appelle à l’essentiel : la charité et l’annonce de l’Evangile. Quid des questions sociétales ? François n’en a quasiment pas parlé, ce qui n’a pas manqué de surprendre. Sur cette relative discrétion, il s’est expliqué dans son interview à la civita cattolica :

“Nous ne pouvons pas insister seulement sur les questions liées à l’avortement, au mariage homosexuel et à l’utilisation de méthodes contraceptives. Ce n’est pas possible. Je n’ai pas beaucoup parlé de ces choses, et on me l’a reproché. Mais lorsqu’on en parle, il faut le faire dans un contexte précis. (…)Une pastorale missionnaire n’est pas obsédée par la transmission désarticulée d’une multitude de doctrines à imposer avec insistance. L’annonce de type missionnaire se concentre sur l’essentiel,(…) ce  qui rend le coeur tout brûlant, comme l’eurent les disciples d’Emmaüs. (…) Je dis cela en pensant aussi à notre prédication et à son contenu. Une belle homélie, une vraie homélie doit commencer avec la première annonce, avec l’annonce du salut. Il n’y a rien de plus solide, de plus profond et sûr que cette annonce. (…)  l’annonce de l’amour salvifique de Dieu est première par rapport à l’obligation morale et religieuse…”

Ainsi, le Pape François remet les choses dans l’ordre : d’abord l’annonce de l’Evangile, du Kérygme, d’abord l’évangélisation. Le reste suit, il vient après. Cela ne signifie pas qu’il faut “tout lâcher”. Cela ne veut pas dire qu’il faut abandonner la Résistance spirituelle face à la déferlante des lois sociétales. Mais il ne faut pas perdre de vue le principal : l’annonce du Christ. Et surtout, comme le disait Jean-Paul II : la civilisation de l’amour est la conséquence de la nouvelle évangélisation… Rappelons-nous que tous ces changements de société sont la conséquence de la déchristianisation.

Le successeur de Pierre nous montre la direction à suivre : le Christ. Suivre le Pape, c’est suivre l’Eglise, c’est suivre Jésus.

Nous avons placé nos Cahiers Libres dans cette direction. Le 3 octobre dernier, nous avons lancé ces pages le soir de la veille de la Saint François d’Assise, pour la fête du Pape François. Date symbolique exprimant notre communion avec le Saint Père.

Nous l’avons choisie parce que nos Cahiers sont catholiques et donc Romains… Espérons qu’ils seront apostoliques.

Sainte année 2014 !

Charles Vaugirard

Notes :   [ + ]

1. Il le disait dans sa “lettre aux gens de bien”, publiée dans l’Ere nouvelle

2 réponses à “Edito : Le Pape, figure de l’année 2013”

  1. Numéro 712

    Merci !
    Merci à nos papes pour l’amour qu’ils nous donnent.
    Merci aux Cahiers Libres pour ce billet et les voeux pour 2014. Bonnes continuation à vous !

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