Dans le monde sans en être

chrétiens et identitaires

[Attention : article à rallonge]

Il y avait cet article de Dominique Venner, peu avant son suicide, où il s’inquiétait de la présence des catholiques aux cotés des identitaires dans les cortèges de La Manif Pour Tous.

“Les manifestants souvent très jeunes ne sont pas homogènes. Pour une part ce sont des bourgeois catho non-violents, issus des JMJ, séduits par le nouveau discours tolérant de l’Église en matière d’amour conjugal. Leurs références sont Gandhi et Martin Luther King… Mais, pour une autre part, ce sont de jeunes identitaires mobilisés par le dynamisme insolent des manifestations. L’avenir dira laquelle des composantes l’emportera sur l’autre par sa vitalité et sa détermination.”

À coté de l’espoir qu’incarnait pour lui les jeunes identitaires, la jeunesse catholique, mollement éduquée par Ghandi et Martin Luther King, lui semblait bien incapable d’assurer l’avenir de notre société.

 Il y avait aussi cette réponse d’un “Hussard” publié sur Le Rouge et le noir 1hélas l’article n’est plus accessible depuis le piratage de leur site, où il était rappelé que si les Veilleurs lisent du Gandhi, ils lisent aussi du Léon Bloy (immense soulagement). Le Hussard voudrait rassurer Venner :

le “noyau dur de jeunes catholiques [engagés dans Les Veilleurs], lui, a pour références Charette et La Rochejaquelein, le roi lépreux, Philippe Pharamond de Bourbon et Saint Louis, Hélie Denoix de Saint-Marc et Pierre Schœndœrffer. 2 Bon perso, à part Saint Louis je connais personne dans cette liste. Ah, si j’ai entendu parlé de Hélie Denoix de Saint-Marc récemment …

Le soupçon de la “mollesse” des jeunes catholiques levé, le Hussard y concluait :

[catholiques et identitaires] partageons un combat commun, contre un même ennemi. (…) Loin de s’opposer, jeunes catholiques et identitaires semblent même effectuer une jonction salutaire.

manifeste-generation-identitaire

Une “jonction salutaire” avec les identitaires ? Mais de quelle identité parle-t-on ?

Certes, beaucoup d’entre nous sont légitimement en overdose de “dialogue” et de “bienveillance” ; alors, sans aller jusqu’à en appeler à se faire identitaires, on redit volontiers à tout va que pour dialoguer, il faut d’abord savoir qui l’on est. Pas de dialogue sans une identité forte. Certes

Pas de dialogue sans une identité forte 

Certes. Alors relevons le défi et vivons notre identité à fond. Ne nous arrêtons pas en chemin, tentons de penser l’identité jusqu’au bout.

Créés à l’image de Dieu (Gn 1, 26), déformés par le péché, recréés par la grâce ( 2 Co 5,17), nous marchons vers ce jour où de nouveau nous serons semblable à lui :

Lors de cette manifestation, nous lui serons semblables, parce que nous le verrons tel qu’il est. (1 Jn 3,2)

Adam et Ève nus, par Chagall

Adam et Ève nus, par Chagall

Pour comprendre quelle est cette ressemblance d’avec Dieu, arrêtons-nous un instant sur le récit du péché d’Adam et Ève en Gn 3. Le Serpent propose un fruit à Ève, celle-ci répond que Dieu lui a interdit d’en manger, le Serpent lui dit alors “Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme des dieux” Gn 3, 5. Trompée par le Serpent, Ève, puis Adam à sa suite, mange le fruit. Que se passe-t-il ? Deviennent-ils comme des dieux ? Non, ils découvrent qu’ils sont nus, prennent peur et se cachent.

Adam : « j’ai eu peur parce que je suis nu et je me suis caché. » (Gn 3, 10)

Tentons un commentaire librement inspiré de la “théologie du corps” du Bienheureux Jean-Paul II. Avant le péché, la nudité était vécue dans la paix. La nudité d’Adam et Ève disait leur relation : leurs corps étaient l’un pour l’autre des appels à se donner. Avec le péché, soudain, la nudité fait peur : elle devient la possibilité d’une domination de l’un sur l’autre. L’autre corps peut devenir l’objet d’une jouissance égoïste. Adam a peur de sa nudité qui est une vulnérabilité devant Ève et a peur de la nudité d’Ève car il a peur de son pouvoir d’en jouir égoïstement.

L’homme passe d’un mode d’être en communion à un mode d’être en méfiance. Il passe d’une vie à deux, à une vie à un, isolé, seul À l’image de Dieu, l’homme était relationnel 3c’est d’ailleurs à strictement parler l’homme et la femme ensemble qui sont à l’image de Dieu selon Gn 1,27 ; mais une fois blessé par le péché l’homme devient individuel (individualiste) : la relation lui fait peur. Le Salut offert par Jésus consistera à guérir l’homme de cette peur. L’homme recroquevillé sur lui-même (cherchant son propre intérêt, son propre plaisir, …) sera ouvert par Jésus ; son existence deviendra une existence pour l’autre, pour son prochain. Sur la Croix Jésus fait de sa vie, une vie pour l’autre :

Nul n’a plus grand amour que celui-ci: déposer sa vie pour ses amis. (Jn 15, 13)

Sa Croix nous guérit du mal radical : vivre pour soi-même.

Et il est mort pour tous, afin que les vivants ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux. (2 Co 5, 15)

Il semble donc qu’à la lumière des Écritures Saintes nous puissions dire que comme chrétiens notre identité profonde est d’être “à l’image de Dieu” et que cette image c’est la vie relationnelle. Ainsi notre identité profonde, c’est la relation. L’identité fermée, close sur elle-même, est, elle, une conséquence du péché, c’est une tentation encroûtante que nous devons combattre.

Mon identité, c’est l’autre

Chose étonnante en effet, lorsque le chrétien cherche son identité profonde, c’est-à-dire le point le plus stable de son être, il trouve la relation.

De même notre Dieu : si le Fils veut être identitaire – ce qu’il est certainement – il découvre que son identité c’est de se recevoir éternellement du Père ; si le Père veut être identitaire – ce qu’il est certainement – il découvre que son identité c’est d’engendrer éternellement le Fils et de spirer l’Esprit ; enfin si l’Esprit veut être identitaire – ce qu’il est, lui aussi, très certainement – il découvre que son identité c’est d’être spiré par le Père et le Fils. Dans la Trinité, il est clair que l’identité est relationnelle. Saint Thomas d’Aquin parle des Personnes trinitaires comme de “relations subsistantes” pour dire que ce qui fait l’identité profonde de chaque de Personne de la Trinité, c’est sa relation aux deux autres. L’identité de Dieu, c’est la relation ; l’identité de l’homme – image de Dieu–, c’est la relation 4L’application de la notion trinitaire de personne à la personne à l’homme n’est pas faite par s. Thomas d’Aquin lui-même. L’image de Dieu en l’homme consiste plutôt, chez s. Thomas, dans l’autonomie de l’homme. Il pense ainsi l’image de Dieu en l’homme par rapport à la nature divine (Une) plutôt que par rapport aux Personnes divines (Trois). Mais, à notre sens, ce choc en retour de la théologie sur l’anthropologie peut légitimement être fait : la notion trinitaire de personne vient éclairer la notion humaine de personne. .

Être un chrétien identitaire ne peut donc que vouloir dire être un homme de relation. Le noyau dur de mon identité, c’est que je me reçois des autres et vis pour eux.

Benoît XVI 5le texte est publié sous le nom du pape François, pour des raisons canoniques, mais le style et l’introduction indique clairement que c’est Benoît XVI qui en est le principal auteur. dans l’Encyclique Lumen Fidei a des développements très forts sur ce thème :

Dans la foi, le « moi » du croyant grandit pour être habité par un Autre, pour vivre dans un Autre, et ainsi sa vie s’élargit dans l’Amour. [n° 21]

Le moi, la noyau dur de mon identité : c’est l’Autre ! Plus loin, le pape parle du “moi” comme d’un “désert autoréférentiel” [n°46] et a cette phrase qui est une véritable bombe métaphysique :

le centre de l’être, le secret le plus profond de toute chose, c’est la communion divine. [n°46]

Le secret le plus profond de toute chose, c’est la communion divine” ! [Pour les philosophes, le pape propose ici de passer d’une ontologie parménidienne 6 Parménide, dont les fragments de son “poème” forment l’un des plus anciens textes philosophiques grecs connus, cherche le fondement ultime de toutes choses et trouve “l’être“. Être n’est pas ici à entendre comme le nom d’un “dieu” – même si il y a une dimension sacrée – il s’agit plutôt du fait d’être. Parménide constate que de tout ce qui existe on peut dire que cela est, donc que le fait d’être est ce qu’il y a de plus universel, c’est le socle. De cet être on ne peut rien dire d’autre qu’il “est” ; lui ajouter quelque chose serait déjà le rendre complexe alors qu’il est absolument simple. Par exemple si l’on dit l’être est beau, on ajoute le beau à l’être, comme si l’être avait des composant, alors que c’est lui qui compose toutL’ontologie de Parménide trouve un fondement, mais un fondement qui nous paralyse, dont on ne peut plus rien dire. Le socle de toutes choses c’est cet être immobile (en disant immobile j’en dis déjà trop, puisque j’ajoute une qualification à l’être) ; Parménide affirme que le seul autre chemin qui s’ouvre au philosophie – à côté de la voie de l’être – c’est la voie du non-être, mais celle-ci est impossible. En effet de ce qui n’est pas on ne peut rien dire sans délirer. Nous avons donc le choix entre une voie impossible : le non-être et une voie paralysante : l’être. (Ne critiquons cependant pas trop vite cette paralysie, elle est stupéfaction de l’homme devant le mystère de l’être, sacrilège serait l’homme s’approchant sans crainte d’un tel mystère ! Pour équilibrer notre critique de cette ontologie, je vous renvoie vers l’article d’un autre blogueur-philosophe qui défend la pensée de l’être : l’assassinat ontologique.) Dans Lumen Fidei, il nous semble que Benoît XVI est révolutionnaire en ce qu’il indique quelque chose de plus fondamental que l’être, que le fixe, que l’immobile. Le fond de toutes choses n’est pas l’être imperturbable, c’est la communion d’amour (la Trinité). On passe d’un modèle statique à un modèle dynamique. Aller au fond de l’être c’est non plus être paralysé devant la grandeur imposante et statique de l’être, mais c’est se trouver emporté dans une danse communionnelle, celle des Trois personnes divines (la circumincessio en latin, la périchorèse en grec). La stupeur n’est plus paralysie, elle est élan et communion. de l’être immobile, à une ontologie de la relation, où l’être est toujours d’abord relationnel].

On a pris l’habitude de dire que l’on a besoin de repères fixes, d’identités stables, … Benoît XVI, lui, nous met en garde contre l’idolâtrie d’une identité. Le fons de l’identité c’est la différence.

L’identité, c’est-à-dire ce qui est toujours même en moi, c’est que je suis fait pour l’autre. Le même en moi, c’est l’autre.

Alors les Veilleurs, qui lisent du Gandhi mais aussi du Bloy, sont-ils le signe d’une alliance salutaire entre jeunesse catholiques et jeunesse identitaire ? Il me semble que les Veilleurs tentent de relever le véritable défi de l’identité : la relation. Lorsque qu’ils donnent la parole aux opposants durant leur veillées, ils sont profondément identitaires au sens chrétien que nous venons de développer. Ils savent que rien ne se construit sans dialogue et sans relation.

Identitaires à la façon de la Trinité

Alors oui, suivant cette définition de l’identité (qui, vous l’aurez compris, prend le contre pied de la définition habituelle), la jonction entre jeunesse chrétienne et jeunesse identitaire sera “salutaire”. Soyons identitaire, de cette identité véritable : la Trinité. Que notre engagement chrétien en politique soit identitaire de cette identité chrétienne qui est d’être tourné vers l’autre. Nous attacher excessivement à tout autre identité serait une idolâtrie. Aller au fond de notre identité, c’est aller jusqu’à l’autre.

Mon identité n’est pas un decorum. L’identité dont j’ai besoin pour aller vers l’autre n’est pas une armure, c’est une blessure ouverte et accueillante ; c’est de savoir que je n’irai nulle part sans y aller avec lui.

Alors oui, soyons identitaires, car notre identité, c’est la charité.

Complément : l’héritage

l’autre qui vient, l’autre d’où je viens

Il y avait Venner et le Hussard, ils ont enclenché ma réflexion.

Il y a eu aussi, ces derniers jours, Alain Finkielkraut et Marine Azencott, ils l’ont enrichie.

Mes lectures de ces derniers jours m’amènent à compléter cet article (et à le rallonger encore un peu). Le dernier ouvrage, l’identité malheureused’Alain Finkielkraut 7À ne pas manquer : il sera l’invité de librairie La Procure à Paris, le Jeudi 28 novembre à 18h a en effet ramené la question de l’identité sur le devant de la scène 8 je n’ai, hélas, pas eu le temps de lire l’ouvrage et ne me base donc que sur ses propos dans diverses interviews. Au sujet de cet ouvrage voir aussi l’article de Koz . Or, selon le philosophe, le discours sur l’altérité aurait injustement jeté le discrédit sur la notion d’identité. En péguiste 9cf. Le mécontemporain, son ouvrage de référence sur Charles Péguy, Finkielkraut est persuadé que le véritable progrès ne peut se faire que par “une excavation, un approfondissement, un dépassement en profondeur” (Charles Péguy). Pour le socialiste Péguy, en effet, c’est la tradition qui est le moteur de la révolution.

une humanité ultérieure, vraiment digne de ce nom (…) ne vient au jour après et sur une humanité antérieure que si elle fait un appel de sève plus profond, que si elle fait appel à un ressourcement plus profond, que si elle fait appel à un ressourcement plus profond dans les communes sources de sève de la perpétuellement arborescente humanité

Charles Péguy

Ainsi, insistant sur l’altérité et sur la relation, aurait-on manqué de penser la tradition 10au sens étymologique : transmission ? Plutôt que d’opposer pensée de l’identité et pensée de l’altérité, il me semble que la notion même de tradition nous invite à approfondir notre réflexion. Car, en effet,  l’héritage est avant tout une relation.

Il faudrait donc préciser que l’identité relationnelle que nous avons mise en évidence n’est pas seulement relative à l’autre qui vient, mais aussi à l’autre de qui je viensAccepter de me recevoir d’un autre qui me précède – un ancêtre – est même surement la condition pour pouvoir recevoir (et me recevoir de) l’autre qui vient – l’étranger, la veuve, et l’orphelin 11selon le trinôme biblique. L’identité, en tant qu’elle est héritée, est déjà une relation. Ainsi, même si le mot d’identité indique souvent une clôture sur soi, une fixation, la réalité montre, elle, un dynamisme de relation.

Les racines ne me disent jamais qui je suis, elles me disent ce que je dois faire 12cf. la conclusion de l’article : être citoyen sans racine, une tentation impossible  : être relation, recevoir.

En guise de conclusion, je vous renvoie vers très bel article de Marine Azencott publié sur Tohu Bohu, la revue de l’union des étudiants juifs de France, qui propose une approche de la question de l’identité à partir de l’histoire de Kafka, de Bergson et de Levinas : Être citoyen sans racine, une tentation impossible.

PS : Cet article approche la question de l’identité à partir d’une réflexion d’anthropologie biblique et théologique, cependant une réflexion simplement philosophique aurait pu mener aux mêmes conclusions. La philosophie du XXe siècle (en particulier la phénoménologie, notament celle de Levinas ou de Jean-Luc Marion) a très fortement redécouvert cette dimension relationnelle de l’homme. La Théologie du Corps de Jean-Paul II ne cache d’ailleurs pas ces origines philosophiques. Il est donc clair que l’idée de l’identité comme relation ne concerne pas que les chrétiens.

Notes :   [ + ]

1. hélas l’article n’est plus accessible depuis le piratage de leur site
2.  Bon perso, à part Saint Louis je connais personne dans cette liste. Ah, si j’ai entendu parlé de Hélie Denoix de Saint-Marc récemment …
3. c’est d’ailleurs à strictement parler l’homme et la femme ensemble qui sont à l’image de Dieu selon Gn 1,27
4. L’application de la notion trinitaire de personne à la personne à l’homme n’est pas faite par s. Thomas d’Aquin lui-même. L’image de Dieu en l’homme consiste plutôt, chez s. Thomas, dans l’autonomie de l’homme. Il pense ainsi l’image de Dieu en l’homme par rapport à la nature divine (Une) plutôt que par rapport aux Personnes divines (Trois). Mais, à notre sens, ce choc en retour de la théologie sur l’anthropologie peut légitimement être fait : la notion trinitaire de personne vient éclairer la notion humaine de personne.
5. le texte est publié sous le nom du pape François, pour des raisons canoniques, mais le style et l’introduction indique clairement que c’est Benoît XVI qui en est le principal auteur.
6.  Parménide, dont les fragments de son “poème” forment l’un des plus anciens textes philosophiques grecs connus, cherche le fondement ultime de toutes choses et trouve “l’être“. Être n’est pas ici à entendre comme le nom d’un “dieu” – même si il y a une dimension sacrée – il s’agit plutôt du fait d’être. Parménide constate que de tout ce qui existe on peut dire que cela est, donc que le fait d’être est ce qu’il y a de plus universel, c’est le socle. De cet être on ne peut rien dire d’autre qu’il “est” ; lui ajouter quelque chose serait déjà le rendre complexe alors qu’il est absolument simple. Par exemple si l’on dit l’être est beau, on ajoute le beau à l’être, comme si l’être avait des composant, alors que c’est lui qui compose toutL’ontologie de Parménide trouve un fondement, mais un fondement qui nous paralyse, dont on ne peut plus rien dire. Le socle de toutes choses c’est cet être immobile (en disant immobile j’en dis déjà trop, puisque j’ajoute une qualification à l’être) ; Parménide affirme que le seul autre chemin qui s’ouvre au philosophie – à côté de la voie de l’être – c’est la voie du non-être, mais celle-ci est impossible. En effet de ce qui n’est pas on ne peut rien dire sans délirer. Nous avons donc le choix entre une voie impossible : le non-être et une voie paralysante : l’être. (Ne critiquons cependant pas trop vite cette paralysie, elle est stupéfaction de l’homme devant le mystère de l’être, sacrilège serait l’homme s’approchant sans crainte d’un tel mystère ! Pour équilibrer notre critique de cette ontologie, je vous renvoie vers l’article d’un autre blogueur-philosophe qui défend la pensée de l’être : l’assassinat ontologique.) Dans Lumen Fidei, il nous semble que Benoît XVI est révolutionnaire en ce qu’il indique quelque chose de plus fondamental que l’être, que le fixe, que l’immobile. Le fond de toutes choses n’est pas l’être imperturbable, c’est la communion d’amour (la Trinité). On passe d’un modèle statique à un modèle dynamique. Aller au fond de l’être c’est non plus être paralysé devant la grandeur imposante et statique de l’être, mais c’est se trouver emporté dans une danse communionnelle, celle des Trois personnes divines (la circumincessio en latin, la périchorèse en grec). La stupeur n’est plus paralysie, elle est élan et communion.
7. À ne pas manquer : il sera l’invité de librairie La Procure à Paris, le Jeudi 28 novembre à 18h
8. je n’ai, hélas, pas eu le temps de lire l’ouvrage et ne me base donc que sur ses propos dans diverses interviews. Au sujet de cet ouvrage voir aussi l’article de Koz 
9. cf. Le mécontemporain, son ouvrage de référence sur Charles Péguy
10. au sens étymologique : transmission
11. selon le trinôme biblique
12. cf. la conclusion de l’article : être citoyen sans racine, une tentation impossible 

3 réponses à “chrétiens et identitaires”

  1. Basta

    @Benoit, quand tu en auras marre d’écrire ce que je pense mieux que moi, tu me le diras, je pourrai alors, peut-être, servir à quelque chose.

    BRAVO !!

  2. Benoit

    à plusieurs voix le chant est polyphonie, c’est bien plus sympa.
    alors chante mon frère ! chantons !

  3. Édito : Levez les yeux ! (retour sur un débat catho-centrique) - Cahiers libres

    […] L’identité chrétienne c’est l’identité de Jésus, c’est-à-dire un cœur ouvert, littéralement transpercé, élargi (comme la tente du prophète cf. Is 54, 2) pour y accueillir l’humanité entière. Éclatons donc notre coeur, élargissons notre poitrine, ouvrons nos entrailles au monde pour offrir l’amour de Dieu (et ce, de mille et une manière. “Il y a de nombreuses demeures dans la maison de mon Père” (Jn 14, 2) disait-il). […]

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