Dans le monde sans en être

Le magistère médiatique et son dogme du mariage des prêtres • #0 Célibat sacerdotal

Le sujet semble passionner.

Au mois de septembre, une phrase isolée de Mgr Pietro Parolin – “Le célibat des prêtres n’est pas un dogme” – agitait les médias. Des journalistes de tous bords proclamaient alors solennellement le dogme de la nécessité du mariage des prêtres. Il y a quatre jours, Jean Michel Aphatie, sur RTL, surement déçu que le Magistère médiatique n’ait pas été suivi par celui de l’Église, profitait du rassemblement de nos évêques à Lourdes pour revenir sur le sujet. Selon le chroniqueur pas l’ombre d’un doute la crise des vocations vient : 1. du mauvais salaire des prêtres, 2. du célibat qui leur est imposé, 3. des habits noirs qu’ils sont obligés de porter.  Je ne pensais jamais avoir à dire ça, mais, M. Aphatie vise juste ! Il se plante de A à Z, mais il vise juste : ces trois questions sont liées : rapport à l’argent, rapport à la femme et à la descendance, et rapport à l’apparence sont trois éléments qui indiquent une vie consacrée ayant renoncé à la réussite temporelle :

désormais je considère tout comme désavantageux à cause de la supériorité de la connaissance du Christ Jésus mon Seigneur. A cause de lui j’ai accepté de tout perdre, je considère tout comme déchets, afin de gagner le Christ et d’être trouvé en lui (Ph 3, 8-9)

soutane

Profitant du retour sur la scène médiatique de ce sujet sans cesse réouvert, nous démarrons une série d’articles sur le mariage des prêtres (ou plutôt, soyons honnêtes, sur le célibat des prêtres)

Rappelons d’abord que la question n’est pas celle du mariage des prêtres (car l’ordination fixe l’état de vie, nous y reviendrons) mais celle de l’ordination d’hommes mariés. Cette question est ouverte, le choix d’ordonner ou non des hommes mariés est un choix pastoral, c’est-à-dire un choix d’opportunité et de convenance qui revient librement au Magistère de l’Église, puisqu’en effet ni la bible, ni la théologie ne tranche de manière définitive sur cette question.

Il s’agira donc pour nous de chercher à voir en quoi le célibat est (ou non) opportun pour les prêtres d’aujourd’hui, et en quoi, sans s’imposer nécessairement, il convient éminament (ou non) à leur vocation.

Voici donc le programme des quatre samedis à venir :

#1 Dans l’Ancien Testament tout le monde se marie … ou presque
#2 Dans le Nouveau Testament “Qui peut comprendre qu’il comprenne !”
#3 Du célibat des prêtres comme renoncement au pouvoir temporel
#4 L’Ordination Pour Tous, une forme cachée du cléricalisme

Benoît

3 réponses à “Le magistère médiatique et son dogme du mariage des prêtres • #0 Célibat sacerdotal”

  1. schlegel

    D’accord, il y un abord médiatique de la question qui donne des boutons. Mais vous même posez sans le vouloir une question essentielle dans cette affaire quand vous parlez implicitement d’hommes “consacrés” qui font les trois voeux de pauvreté, chasteté, obéissance. C’est à dire des religieux (et religieuses). Question : ceux qui présent la communauté rassemblée doivent-ils être des religieux consacrés ? Doivent-ils même vivre une vie plus difficile que les religieux – contemplatifs ou apostoliques -, comme c’est le cas aujourd’hui? N’y aurait-il pas avantage pour de nombreuses raisons, tant culturelles, sociales que religieuses, d’avoir deux clergés, bien distincts, ce qui empêcherait les ravages de l’indistinction, les fausses vocations (on ne prendrait pas le célibat en plus pour être prêtre…), les faux religieux que sont les séculiers aujourd’hui et les hommes de la gestion du sacré sacerdotal que sont devenus beaucoup de religieux, au lieu de faire part de leur vocation prophétique . J’attends impatiemment vos réponses à ces questions durant les semaines à venir.

  2. Benoit

    Vous avez très bien vu où je veux en venir, la question que vous posez est en effet la véritable question !
    La question sera abordé dans les prochains numéros de la série (plutôt vers la fin cependant car nous commencerons par un parcours biblique).

    quelques éléments de réponse dès à présent :
    1. d’abord “consacré” ne s’entend pas seulement au sens d’une consécration religieuse. Le prêtre même sans être religieux est consacré.
    2. Cependant l’Église latine par “l’obligation” du célibat à, selon moi, clairement choisit un modèle “monastique” pour l’ensemble de son clergé. Elle aurait pu faire un autre choix (et pourrait encore légitimement le faire).
    La question du célibat des prêtre est donc une question sur l’opportunité pour notre temps et sur la convenance à la réalité du sacerdoce de cette “règle”. C’est c’est sur cette voie que nous allons avancer avec cette série d’article, j’essaierai au fil des numéros d’avancer honnêtement les arguments qui me font pencher en faveur de l’opportunité et de la convenance du célibat.

    j’attends vos commentaires sur les articles suivants (les 4 samedis qui viennent).

  3. Benoit

    Je me permets une petite question,
    êtes vous le JL Schlegel traducteur de Rosenzweig ?
    Si oui, je suis honoré de vous savoir lecteur de nos Cahiers.
    et si non, je suis tout aussi honoré de vous avoir pour lecteur, évidement ! Votre commentaire est très pertinent.

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