Dans le monde sans en être

Quelle politique pour les cathos d’aujourd’hui ?

Hier, catho-de-gauche, le social, militait dans l’Église pour la reconnaissance de la place des laïcs et dans la société pour une plus grande égalité sociale.

Aujourd’hui, catho-de-droite, le conservateur, milite dans l’Église pour la reconnaissance de la place de la Tradition et dans la société pour le retour de ses valeurs.

Deux mondes pourtant pas si différents ! Tous deux ont une pensée irriguée par la Bible et l’ensemble des textes de l’Église, et entre tous la doctrine sociale de l’Église. Et puis pour chacun la Foi est vraiment l’ancre, la fondation, la raison d’être de leur engagement en politique. Mais, surtout, ils ont tous deux ce même esprit militant.

Et si dans la nuit d’hier à aujourd’hui catho-de-gauche s’est petit à petit éteint, dans la nuit d’aujourd’hui catho-de-droite pourrait vivre la même décrépitude face au temps.

 

En effet, si catho-de-gauche a su transmettre à sa progéniture le goût de l’action politique celle-ci s’est progressivement éloignée de l’Église. Même si elle reste dans le paysage elle n’est plus ce pilier, ce roc sur lequel catho-de-gauche avait construit sa pensée politique. Et petit à petit ne reste de la doctrine sociale de l’Église que ce dont catho-de-gauche avait fait des slogans. Et petit à petit les valeurs que catho-de-gauche gardait se noient derrière le social.

 

Chez catho-de-droite on observe les prémisses d’un même délabrement. Il a su donner à sa (nombreuse) descendance des valeurs et le goût de les partager. Cependant, souvent le lien entre ces valeurs et la manière de les transmettre (vous savez ce caractère bisounours-du-social de catho-de-gauche) s’étiole. Souvent le « partage » des valeurs en devient la « défense ». Il arrive même que ce ne soit plus la « défense » de valeurs mais la « défense » de l’image de ses valeurs, du symbole. Et petit à petit ne reste de la doctrine sociale de l’Église que ce dont catho-de-droite avait fait des mots d’ordre. Et petit à petit les valeurs que catho-de-droite gardaient ce repli derrière une « identité » que serait la « Chrétienté ».

 

Alors, toi petit catho-de-demain qui désires changer le monde, s’il te plait, propose quelque chose de différent.

N’oublie pas que lorsque tu proposes l’Église tu le fais selon un certain angle.

Propose-la donc.

Mais transmets-la avec ton message.

Et fais grandir avec ce que tu soulignes, ce que tu portes comme slogan et mot d’ordre, mais aussi tous ces messages qui te fondent.

Propose ta personne dans son entier.

Propose tes convictions comme irriguées par ce que tu es.

Aujourd’hui, vous tous en politique qui vous déclarez Chrétien. Je vous dis merci de le faire. Mais, s’il vous plait ! S’il vous plait, SOYEZ LE !

SOYEZ LE TOTALEMENT !

SOYEZ LE TOTALEMENT ET TRANSMETTEZ CETTE TOTALITÉ !

Si vous ne transmettez que vos grands messages, celui-ci se perdra.

Il se perdra, car il sera coupé de ses sources, coupé de ses racines. Et ceux à qui vous l’aurez transmis devront en trouver d’autres. Et souvent ces autres n’ont pas la richesse de ce point d’équilibre donné par l’Église entre les valeurs et le social, entre le message et la manière de le transmettre, entre la pensée et l’action.

(Après avoir lu le livre de Marc Baudriller « Les réseaux cathos » je me suis rendu compte à quel point les messages, de la plupart des acteurs politiques fondant leur action sur leur Foi, étaient partiels et mettaient en danger la transmission de leur Foi. J’espère que ce billet vous l’aura fait comprendre et vous invitera à agir pour une meilleure unité de vie, d’action et de message.)

article originellement rédigé pour carnet2route.eu

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