Dans le monde sans en être

Manifs pour tous, Veillées, et après ?

paris-24-mars-2013Un grand mouvement social est né avec l’opposition au mariage pour tous. Bienheureuse loi Taubira qui a permis un tel éveil ! Nombreux sont ceux qui reconnaissent qu’une nouvelle génération est née. Mais voilà, la loi Taubira est passée, la bataille a été perdue. Que va devenir ce grand mouvement foisonnant et si diversifié ? Quelques pistes de réflexion :

Continuer le mouvement : ne rien lâcher

Certes la loi Taubira est passée. Mais ce n’est pas fini : d’abord une loi peut toujours être abrogée. Si la mobilisation se maintien, et si la majorité politique change en 2017, alors la loi pourra peut-être être abrogée. C’est possible, même si ce ne sera pas forcément aisé.

D’autre part, la combat de ce grand mouvement ne se limite pas au mariage pour tous et à l’adoption. Il touche aussi les futurs projets de PMA, les futurs réglementations touchant la GPA, le gender à l’école, la bioéthique, l’euthanasie… bref toute une politique et toute une tendance générale de notre société qui avancent comme un rouleau compresseur, sans que rien ne semble pouvoir arrêter. Ainsi, face à ce tsunami sociétal, le grand mouvement né des Manifs pour tous est un formidable contre courant, une puissante dynamique. Il convient donc de le maintenir.

Envisager de nouvelles initiatives

Le mouvement né des Manifs pour tous est extrêmement foisonnant, créatif, imprévisible. Une multitude de groupes, d’initiatives se sont créés. Les plus célèbres et, je pense, les plus percutants sont les Veilleurs et les Sentinelles, qui vivent une action non-violente forte. Ils maintiennent la pression, ils sont des témoins et ils incarnent au plus près la Résistance spirituelle. Une autre initiative originale s’est aussi constituée : le courant pour une écologie humaine, créé par Tugdual Derville, Pierre-Yves Gomez et Gilles Hériard-Dubreuil. Il se veut au service de tout homme et de tout l’homme, en permettant une réflexion et une action originale.

Toutes ces initiatives sont originales, différentes, indépendantes les unes des autres et pourtant complémentaires.

D’autres initiatives peuvent être imaginées et elles peuvent toucher tous les aspects de notre société. Par exemple par une action politique. Le champs politique ne doit pas être délaissé, bien au contraire il est essentiel afin de pouvoir contribuer au Bien commun par le pouvoir politique, d’éviter que de mauvaises lois ne soient votées et de pouvoir abroger celles qui ont été votées. Bref, l’action politique n’est pas secondaire, ni une option parmi d’autres mais une démarche essentielle. Mais sous quelle forme ? La création d’un nouveau parti ? Je ne crois pas, car il n’y a guère de place pour un nouveau parti dans l’échiquier politique actuel, sauf à vouloir créer une structure aux résultats confidentiels… Notre pays est dans une bipolarisation politique qui s’enfonce de plus en plus dans le bipartisme : deux partis géants se partagent alternativement le pouvoir, les petits partis sont soit des satellites des deux grands (par exemple l’UDI, le PRG…), soit des partis antisystèmes marginalisés qui ne peuvent avoir accès à une parcelle du pouvoir (le FN, le Front de Gauche, le NPA etc…).

Des organisations politiques nouvelles et au sein des partis

Le moyen le plus pertinent serait que des militants des Manifs rejoignent les deux partis de gouvernement en s’organisant efficacement. Par exemple en créant des structures, des clubs, au sein de l’UMP (pour ceux de droite) ou du PS (pour ceux de gauche, car nos idées peuvent aussi se trouver à gauche). Certes cela ne sera pas facile, surtout pour ceux qui oseront l’aventure au PS car il y a un vrai risque de marginalisation. Mais le jeu en vaut la chandelle tant les questions de société actuelles sont l’objet d’importants enjeux politiques. Certains groupes existent déjà, et ils ont été créés avant les Manifs pour tous : les Poissons roses au PS, le Parti Chrétien-démocrate près de l’UMP. Ils sont audacieux, mais pas forcément suffisants, et surtout ils ont une ligne (sur d’autres questions que les questions sociétales comme par exemple l’économie, le rôle de l’Etat, l’Europe etc.) qui leur est propre et qui n’est pas forcément partagé par tous. D’autres mouvements pourraient se constituer, et ils pourraient occuper d’autres espaces idéologiques au sein des partis de gouvernement. Ainsi, les opposants aux mesures sociétales pourraient se retrouver dans des organisations politiques proches de leurs idées, tout en étant dans les grands partis de gouvernement.

L’objectif stratégique serait imparable : être nombreux et organisés afin de peser fortement dans les grands partis. Cela dans le but d’opérer un grand renouvellement dans la vie politique et de contribuer au renouveau de notre société.

Charles Vaugirard

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