Dans le monde sans en être

Les larmes de Lampedusa

LampedusaAujourd’hui est une journée de pleurs” a déclaré le pape François à Assise. Il a commencé son premier discours en évoquant le naufrage, vendredi matin, d’un bateau rempli d’immigrés clandestins au large de Lampedusa. Cinq cent passagers, une centaine de rescapés : une tragédie. Des familles entières ont disparu, des enfants et des femmes enceintes sont morts. Horrible, atroce et hélas trop fréquent : les naufrages d’embarcations d’immigrés sont légions vers Lampedusa. Le gouvernement italien a décrété une journée de deuil national.

François a rappelé que, devant ce drame, nous devons faire preuve de compassion et cesser toute indifférence. Il a exprimé un discours très ferme sur l’accueil de l’étranger et la charité envers ces populations misérables.

Or, le discours du pape sur cette tragédie, et ce qu’il dit sur l’accueil de l’immigrant n’est pas forcément bien accueilli.

Le blogueur Fikmonskov manifeste une perplexité devant ce discours.

En effet, selon lui, ce qui se passe à Lampedusa est un problème européen que François ne comprendrait peut-être pas très bien car étant argentin. L’Argentine, terre immense et peu peuplée, s’est construite grâce à l’immigration. François percevrait donc l’arrivée de peuples étrangers en Europe de la même façon que les Argentins perçoivent l’arrivée d’Européens en Amérique : comme une manière de peupler des terres vierges ou presque.

Je ne suis pas d’accord avec son raisonnement.

Les réflexions chocs de François ne sont pas des idées argentines sur des problèmes européen. Il connaît l’Europe, son histoire, son mode de fonctionnement. Il connaît les spécificités américaines, son caractère de nouveau monde construit par l’immigration… et réciproquement, ce concept de nouveau monde implique qu’il y ait un “ancien monde” plus peuplé qui ait fourni au nouveau sa population.

François raisonne en chrétien confronté non pas à un problème spécifiquement européen, mais à un problème humain. Il raisonne en chrétien devant des personnes en détresse. Il raisonne en bon samaritain devant des hommes blessés.

Il nous appelle à vivre la charité et il nous demande d’accueillir notre prochain, en l’occurrence l’émigré.

La Bible est claire à ce sujet : Ex 22, 20 : « Tu n’exploiteras ni n’opprimeras l’émigré, car vous avez été des émigrés au pays d’Egypte ». L’émigré a dans la Bible un statut particulier car il est vulnérable et surtout les Juifs se rappellent qu’ils ont été émigré eux-mêmes. Mais cela est valable pour tous les peuples, il suffit de regarder leur histoire. Les hommes ne sont pas des arbres, ils se déplacent, ils ne sont pas fixés à un territoire. Depuis l’origine de l’humanité, les hommes migrent, s’installent puis repartent. L’exemple le plus fort est celui d’Abraham qui émigre de Chaldée vers la terre promise. L’histoire d’Abraham représente la conception judéo-chrétienne des peuples : ils sont en marche, en mouvement.

Ils ne sont pas forcément nomades, mais ils peuvent être contraints à l’émigration, ce qui est le cas du peuple d’Israël dans l’ancien testament. Elle diffère d’une conception païenne plus fixiste, qui rend un culte à des divinités liées au sol, à une terre. L’archevêque de Clermont, Hyppolite Simon, a bien présenté ces deux notions dans son livre Vers une France païenne où il décrit notamment les mouvements néo-païens anti-immigration. La droite néo-païenne, notamment influencée par Dominique Venner, a cette vision figée des peuples qui doivent rester chez eux, dans un territoire qui leur serait propre. Absurde idéologie.

Ces immigrants misérables, fuyant la misère de leur pays sont nos prochains. Ils le sont au même titre que tout être humain sur la terre. Comment ne pas compatir aux tragédies qui se jouent au large de Lampedusa ? Les naufrages incessant, les centaines de morts au large de la puissante et riche Union Européenne.

Peut-on rester indifférent à ces hommes qui meurent devant notre porte ?

Lors de son premier voyage, François avait appelé à la compassion. C’est pour cela que le gouvernement italien a décrété un jour de deuil national, par compassion envers des centaines de victimes. Et la compassion, la charité doit nous inciter à aider ces personnes par tous les moyens… y compris les accueillir s’il le faut.

Fik commence son texte par une très brève allusion au livre Le camps de saints de Jean Raspail. Je profite de cette allusion pour parler de ce livre polémique qui a un succès phénoménal et qui influence certaines partie de la droite française, et aussi de la gauche, mais aussi tout ceux qui croient au “grand remplacement” des blancs européens par les étrangers. L’influence de ce texte est très large, et beaucoup de personnes de bonnes volontés ont pu être touchées.

Le Camps des saints est un roman horrible. Je l’ai lu. Il décrit une colossale migration d’indiens qui, par millions, embarquent sur des navires de fortune pour gagner la France. La raison de cette migration est inconnue et ces migrants sont décrits comme des monstres. Sales, puants, se chauffant d’excréments, copulant dans tous les sens avec tout le monde en permanence… leur arrivée est une boucherie : pillant, tuant, violant tout sur leur passage… et finissant par remplacer les hommes blancs. Bref, une invasion faite par des créatures non humaines.

Comparez ce livre avec la réalité et vous verrez que ce brûlot est une caricature outrancière de l’immigration… et un livre profondément raciste, sombre et dénué d’espérance. Jean Raspail n’est d’ailleurs pas croyant et a une vision identitaire du catholicisme.

Certes la réalité n’est pas rose. Mais les migrants ne sont pas des monstres. Ce sont des hommes et des femmes qui fuient la misère. Ils ne sont ni meilleurs, ni pire que les autres.

Certes tous ne sont pas des anges… mais tous les gens d’ici n’en sont pas non plus.

Les migrants ne cherchent à remplacer personne, ni à envahir aucun territoire. Ils veulent juste vivre. L’Europe riche, développée, les attire. Quoi de plus normal : leur pays d’origine est pauvre, instable, n’importe qui à leur place souhaiterait émigrer.

Bien sûr, la France ne peut pas accueillir toutes les misères du monde. Mais la responsabilité et la charité impliquent de trouver une solution humaine à ce problème humain. Or, faire preuve de compassion est une première étape de la prise de conscience de ce qui est en jeu. C’est à cela que nous appelle François.

25 réponses à “Les larmes de Lampedusa”

  1. POUJOL

    Sur ce coup mon cher Charles, je vous rejoins sans aucune réserve. Et j’en suis heureux !

  2. Fikmonskov

    A propos du Camps des Saints, qui est évidemment une parabole, donc exagérée, je vous conseillerai de regarder ce qui s’est passé dans tous les pays de culture chrétienne quand la minorité musulmane est devenue quasi-majoritaire.

    Ça s’est toujours fini dans le sang. Celui des chrétiens.

    Je le dis dans les commentaires de mon article : vous avez l’âme de martyrs, pas moi.

  3. charlesvaugirard

    Merci René ! J’en suis aussi heureux !

  4. charlesvaugirard

    Le Camps des Saints n’est pas un livre sur l’Islam, mais sur les peuples du Sud. Les personnages du livre sont d’ailleurs hindous.

    Concernant l’Islam, les choses ne sont pas aussi simple mais c’est un autre sujet.

    François nous appelle à la compassion envers des victimes. N’est-ce pas la moindre des choses alors que 300 personnes viennent de mourir ?

    Ces immigrants viennent de Somalie, d’Érythrée, qui comptent parmi les pays les plus misérables du monde. Ils fuient la misère et trouvent la mort dans l’indifférence générale (d’ailleurs leur tragédie semble davantage créer une polémique sur l’immigration qu’une juste tristesse).
    La tragédie de Lampedusa nous interpelle sur le drame de la misère des pays du Sud. Au lieu de nous protéger contre ces miséreux, ne faudrait-il pas tenter de combattre cette misère qui ravage ces pays d’Afrique ?

  5. Agg

    Retour sur quelques-unes de vos affirmations :

    “Les hommes ne sont pas des arbres, ils se déplacent, ils ne sont pas fixés à un territoire. Depuis l’origine de l’humanité, les hommes migrent, s’installent puis repartent.”

    >> Faux. L’homme est un animal territorial. Mais il est bien certain que ce n’est pas en lisant la Bible que vous le découvrirez. Dans la réalité, s’il y a bien eu une phase de nomadisme de l’Humanité, elle était liée à l’ignorance ; nécessité faisant loi, il fallait bien se déplacer pour trouver de la nourriture. Tout a changé au néolithique : avec l’évolution des techniques, les populations humaines se sont sédentarisées et ont pu délimiter des territoires. Depuis lors, lorsque des populations migrent et s’installent, comme vous dites, c’est dans une logique de conquête d’un territoire et de ses richesses. Ce n’est pas un jugement moral, juste un constat. Quand le territoire est vierge, pas de problème. Quand il est déjà occupé, c’est une autre histoire.

    “Ces immigrants misérables, fuyant la misère de leur pays sont nos prochains. Ils le sont au même titre que tout être humain sur la terre.”

    >> Idéal chrétien contre réalité éthologique : devinez qui l’emporte. Et vous-même n’appliquez pas ce beau principe au quotidien : je doute que vous accueilliez chez vous tous les clodos que vous croisez et qui sont pourtant, à vous lire, des “prochains” comme les autres. C’est exactement le même problème avec les immigrants : un pays ne peut pas accueillir tout le monde, a le droit de décider qui il choisit d’accueillir et dans quelles conditions. Dans votre logique, j’ai le “droit” d’aller m’installer au Vatican à partir du moment où je suis dans la merde : hâte de voir la tête de François quand j’aurais mis ses chaussons.

    “Peut-on rester indifférent à ces hommes qui meurent devant notre porte ?”

    >> N’avons-nous pas assez à faire à l’intérieur de notre maison ?

    “L’Europe riche, développée, les attire”

    >> Parle-t-on de la même Europe ? Celle que je connais est au bord de l’effondrement économique, culturel, social et politique.

    “Mais la responsabilité et la charité impliquent de trouver une solution humaine à ce problème humain.”

    >> Blablologie sentimentale. Concrètement, que proposez-vous comme solution ?

  6. Fikmonskov

    “Au lieu de nous protéger contre ces miséreux, ne faudrait-il pas tenter de combattre cette misère qui ravage ces pays d’Afrique ?”

    Parce que c’est contradictoire ? Absolument pas. Seulement, en niant qu’il y a un problème, vous empêcher quiconque de chercher des solutions.

    “Le Camps des Saints n’est pas un livre sur l’Islam, mais sur les peuples du Sud.” Encore une fois, c’est une parabole, et Raspail avait besoin que le trajet des migrants soit assez long pour développer son histoire. Le problème réel, celui qui nous occupe aujourd’hui, est celui de l’islam.

  7. Benoit

    Merci pour les commentaires Fik,
    évidement c’est une question difficile et personne d’entre nous (je pense) n’a la solution miracle (pas moi en tout cas).

    J’entre dans le débat en revenant sur quelques points.

    Tout d’abord pour aller dans le sens de l’article de Fik, j’ai vécu au Brésil (c’est pas l’Argentine, mais ça y ressemble un peu quand même) et, de fait, les “latinos” ont du mal à comprendre le rapport des européens à l’immigration. Au Brésil par exemple, il y a des descendants d’allemands, d’italiens, de portugais, … mais tous parlent portugais, personne ne se sent étranger. En France, il est vrai que beaucoup de descendants d’étrangers se sentent eux mêmes étrangers. La situation est donc vraiment différente.
    Quant à savoir si notre pape en est conscient, je ne peux pas vous le dire je n’en ai pas parlé avec lui 😉

    Il est conscient cependant du devoir qu’a tout chrétien, latino ou européen, d’accueillir et de protéger ceux qui souffrent. Évidement ce devoir ne se décline pas sans difficultés en actions politiques. Que l’on soit pour ou contre la fermeture des frontières européennes, le devoir de charité pour ceux qui échouent sur nos côtes reste le même.

    Ensuite pour ce qui est de l’Islam, ça pose évidement de grandes questions. Si le Brésil (et surement aussi l’Argentine) a pu devenir un peuple uni alors qu’il est fait d’émigrés de multiples nations, c’est surement aussi grâce à la foi chrétienne qui les unissaient. Le défi est donc bien plus dur à relever aujourd’hui en Europe. La question de l’Islam sera prochainement abordée sur nos cahiers. Veillons à ne pas simplifier pour autant les questions d’immigrations. Les naufragés de Lampedusa sont plus probablement des miséreux cherchant un terre de refuge que des salafistes venant conquérir l’Europe.

    Enfin sur la vocation au martyr, je me permettrai juste de rappeler une parole de notre Seigneur :
    Jn 15, 20 “Rappelez-vous la parole que je vous ai dite: Le serviteur n’est pas plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, vous aussi ils vous persécuteront ; s’ils ont gardé ma parole, la vôtre aussi ils la garderont. ”
    bref … on n’y échappera pas … si l’on veut être ses disciples du moins.

  8. Fikmonskov

    “Les naufragés de Lampedusa sont plus probablement des miséreux cherchant un terre de refuge que des salafistes venant conquérir l’Europe. ”

    Ce genre de raccourcis prêtés à son interlocuteur n’élève pas celui qui le fait… Vous me prêtez une pensée caricaturale qui n’est pas du tout la mienne, et à al longue c’est agaçant. Et ça ne donne pas du tout envie de discuter sereinement.

  9. Agg

    @Benoit

    >> Il y a quelque chose qui m’interpelle dans votre propos. N’étant pas croyant, je vois ça de l’extérieur, mais je le trouve frappant. Pendant des siècles, le christianisme a été l’alibi de conquête de territoires, de soumission de peuples, d’extension de l’empire occidental. Aujourd’hui, il est l’alibi de comportements inverses : cession de territoires, indépendance de peuples autrefois sous tutelle, voire colonisation à l’envers, réduction de l’empire occidental. Comment expliquez-vous ce phénomène ? Le christianisme, girouette des temps ?

    Enfin, je rejoindrais Fikmonskov : si ça vous fait bander de finir en martyr, allez-y, foncez. Souffrez néanmoins que d’autres décident plutôt de résister, avec ou sans Dieu.

  10. Benoit

    Veuillez m’excusez du raccourci, j’imagine tout à fait que vous ne pensez pas cela.

    Et d’autre part je reconnais tout à fait que la question de l’intégration des musulmans est une vraie et difficile question, mais qu’il nous faudra la traiter. je vous promets de préparer quelques choses sur ce blog.

  11. Benoit

    le problème vient surement du fait d’utiliser le christianisme comme un “alibi”…
    Vouloir tirer immédiatement de l’Évangile me semble toujours dangereux, que ça soit pour céder ou pour conquérir des territoires.

    L’Évangile n’offre pas un programme politique tout fait, la vie est plus complexe.

    J’aimerai avoir la solution miracle … je ne l’ai pas; mais finalement peut être : tant mieux, ça m’évite la tentation de vouloir me proclamer empereur du monde entier. ; – )

  12. Koz

    Ce serait presqu’émouvant, ces commentateurs qui parlent de mourir en martyr en oubliant toutefois qu’aujourd’hui, les seuls morts sont à Lampedusa.

  13. bzavier

    Je ne rentre pas dans la polémique, je pense que le Pape fait encore une fois un rappel aux chrétiens en tant que personnes, pas en tant que gouvernements ou mouvements politiques.
    Il nous rappelle que tout homme est notre frère et que la détresse d’aucun ne doit nous laisser indifférent.
    Point.
    Il ne donne pas de solutions; mais indique la charité comme fil directeur.

    Mais je note juste que vous sombrez en deux lignes dans le travers de distribuer des bons points de catholicisme en préjugeant de la croyance de Raspail.
    Lui-même est croyant, catholique et le revendique, même s’il peut écrire, dire et penser des choses avec lesquelles vous ne seriez pas d’accord.
    Et si ces écrits sont empreints de désespérance ou d’une nostalgie uchronique, c’est souvent le lot de certains auteurs.
    Le Camp des Saints est daté, sans doute malhabile, mais le traiter de raciste pour le mettre de côté, c’est court. Et assez contemporain.

  14. charlesvaugirard

    Je ne cherche pas à juger la conscience de Jean Raspail quand je dis qu’il n’a pas la foi. Je me base juste sur ce qu’il dit dans ses nombreux textes. Il reconnait lui-même qu’il n’a pas la foi même s’il se revendique d’un catholicisme plutôt “identitaire” voire même “maurassien”.

    Sans juger l’homme (ce n’est pas à nous de le faire, et je n’ai pas à donner de leçon), on peut légitimement affirmer que ce rapport à la foi, et à l’Eglise, qu’entretient Raspail peut expliquer la désespérance de ce livre, et aussi du reste de son oeuvre (7 cavaliers est, par exemple, un roman très sombre, apocalyptique et avec peu, voire pas d’espérance).

    Quant au racisme, il suffit de lire le Camps des Saints, de voir la description qu’il fait des migrants pour voir là une forme de racisme… C’est un fait, je n’invente rien.

  15. Ludovic

    Bel article mais peut-on un peu prendre de recul pour traiter le problème et ne pas seulement compatir à une catastrophe ?

    -bien sûr un chrétien est charitable. Mais la charité est-elle de faire entrer des millions de déracinés dans notre pays ou est-elle de faire en sorte que ceux-ci puissent vivre heureux dans leur pays d’origine ? Aujourd’hui l’immigration est importante car elle engraisse passeurs, entreprises (salaires bas, paix sociale) et classe politique corrompue ( qui vit en ventant ses mérites de redistribuer l’argent des braves français)
    -Jean Paul II lui-même disait l’importance d’une nation pour humaniser l’homme. Aujourd’hui l’immigration promue par nos dirigeants est un moyen de faire éclater la société… est-ce chrétien ? 

    Je ne pense pas que le pape François ne dise autre chose.

  16. ThéophileR

    Le libéralisme est coupable.
    Souvenons nous avant toute chose que la Somalie est la poubelle du monde : http://urlin.it/4ff17 La mondialisation à travers les intérêts privés qu’elle véhicule a détruit ce pays. Le pays étant devenu une poubelle, ses habitants s’en vont là où ça va mieux c’est à dire chez nous. Une fois chez nous, l’immigré pèse à la baisse sur les salaires et engendre tout les problèmes liés à l’immigration massive que l’on connait. A ce propos, le grand remplacement est un fait, le discuter revient à nier un état de fait. La société est alors explosée et le libéralisme s’y développe encore mieux.
    Le consommateur, lui, veut profiter de la société de consommation tout en stoppant l’immigration qui le gène. Un bateaux coulé, c’est des clandestins en moins mais malheureusement pour lui, tous ne coulent pas.
    Bossuet disait “Dieu rit de ceux qui se plaignent d’effet d’ont ils chérissent les causes”. Qui a voté libéral (UMPS) à la dernière élection ? Qui se plaint de ce naufrage ?

  17. ThéophileR

    Il n’y a pas contradiction entre le refus de l’immigration et la charité à l’immigré. Il faut simplement s’interroger sur les causes de cette immigrations au lieu de s’en prendre au symptôme.

  18. Ludovic

    Cher Agg,

    La vision de l’histoire que vous développez est intéressante mais j’ai peur qu’ elle ne soit pas très rigoureuse. Lorsque l’Europe était conquérante ou lorsque maintenant elle est au contraire honteuse de son histoire et se retire, ce n’est pas pour des raisons religieuses. Voilà la simple réponse à votre question. Ce n’est pas le christianisme qui est girouette, c’est nous.

  19. John

    « L’histoire d’Abraham représente la conception judéo-chrétienne des peuples : ils sont en marche, en mouvement. »
    Il n’y a pas de conception judéo chrétienne des peuples, je ne sais pas d’où vous sortez ca : l’histoire d’Abraham est une invitation à se mettre en marche VERS, vers la Terre Promise pour les juifs d’alors, vers le Ciel pour les chrétiens. S’appuyer sur l’histoire du peuple juif pour dire que les peuples ne sont pas fixés à un territoire est à mon avis un contre sens puisque tout leur cheminement vise au contraire à atteindre un territoire et à s’y fixer. Et à s’y fixer entre eux avant tout : la religion juive et la culture qui y est étroitement liée n’est pas ouverte (au sens structurel) ou prosélyte comme peut l’être le christianisme ou l’islam.
    Dire d’ailleurs que les peuples ne sont pas fixés à un territoire est un contre-sens : même les peuples nomades d’Asie ou d’Amérique étaient pour la plupart fixés à un territoire, même si plus vaste et fréquenté selon les saisons ou les besoins. C’est encore plus faux pour les peuples européens qui sont fixés à des territoires depuis des siècles : certes on peut remonter aux gaulois et aux invasions barbares mais même alors les mouvements de populations étaient liés à des opérations de conquêtes ou à la nécessité (famine…).
    La compassion est un réflexe que l’on doit avoir. La charité aussi. Ces valeurs ne s’inscrivent pas cependant fondamentalement dans une démarche politique mais dans une démarche personnelle. La politique n’est pas affaire de sentiment mais de justice. Vous en restez malheureusement au sentiment, sans changer d’échelle et de logique, et donc sans rien proposer dans l’ordre du juste : ce qui est doublement dommage parce que la question de fond est une question de droit et de justice et que du coup votre article est complètement hors sujet…

  20. Jean

    @ Charles Vaugirard
    Je ne développerai pas parce que je ne veux pas trop rentrer dans un débat que je trouve un peu absurde… (savoir s’il est opportun de partir du drame de Lampedusa pour lancer une réflexion générale sur l’immigration…) mais je ne suis pas bien d’accord sur le fait de mettre Dominique Venner et Jean Raspail dans le même panier… à moins qu’ils n’aient un lien que j’ignore (et je ne pense pas que le fait que 2 journalistes aient dit que Venner lisait Raspail soit vraiment un lien…)
    Raspail n’est peut être pas chrétien – (et comme dirait l’autre, qui suis-je pour en juger?) mais son livre n’est pas pour autant le rejet de l’autre: il dépeint, en 1973, en une forme de caricature l’effet d’une immigration massive, Je pense qu’il cherche plus à analyser les réactions des français que des migrants.

  21. Agg

    Bonsoir,

    >> Je crains que vous m’ayez lu très vite, car j’ai justement pris soin de ne pas parler de “raisons” (il s’agit en effet toujours d’une causalité complexe, multimodale), mais d’*alibi* : je constate qu’à travers l’Histoire (croisades, Reconquista espagnole, missions africaines ou américaines, etc.), le christianisme a été utilisé comme justification de conquêtes et je constate qu’il est aujourd’hui utilisé pour le phénomène inverse. Il me paraît difficile dans ce cadre de ne pas se demander ce qui, dans le christianisme, autorise une telle liberté d’interprétation.

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